“Décider qui doit décider, ce n’est pas décider” (C.Castoriadis).
C’est ainsi que Castoriadis exécute, avec une efficacité rhétorique réjouissante, la démocratie représentative, dont on constate aujourd’hui la dialectique redoutable. Elle substitue le spectacle au politique, le pouvoir à la responsabilité, la manipulation à la vision, la gesticulation à l’engagement et la propagande à l’information.
Le spectacle du debat entre Attal et Bardella est le paradigme même des nouvelles batailles entre moulins à vent.
Le nihilisme, qui est le moteur du néo-libéralisme, toutes les opinions se valent et le marché fera le tri, est l’essence de notre monde hypermoderne.
La société du spectacle en est l’aboutissement .
Visionnaire, Casto l’avait déjà dénoncé dans un texte prophétique qui vient en appui d’une lettre de Vidal Naquet dénonçant les erreurs, approximations, mensonges d’un livre de Bernard Henry Levy.
Au moment où les philosophes mondains, les Tavoillot (sa lecture perverse du beau mot de démocratie en est un exemple), les Onfray, les Ferry, Finkielkraut et autres Einthoven, occupent le terrain dans les médias en nous abreuvant sans vergogne de leurs banalités suffisantes, il est bon de relire et de méditer ce texte prophétique de Castoriadis « l’industrie du vide »