Déambulations aventurières dans l’espace incarnée du coaching

« Toujours savoir où l’on est, jamais où l’on va »
Philippe Avron

Un matin, Céleste
Albaret entre dans la chambre de Proust et le trouve dans un état de
joie et d’excitation tout à fait inhabituel. « Qu’est-ce donc qui vous
rend si joyeux ? — Je viens d’écrire le mot fin à la Recherche. »Alors
moi aussi, je me force à mettre le mot fin à ce texte qui m’a amené à
tirer des fils d’une pelote de laine dont on ne voit pas la fin.Au
fond, c’est une métaphore : le coaching ne peut être qu’une aventure
qui doit rester aventure. « Savoir où l’on est, jamais où l’on va »,
nous dit Philippe Avron dans « Je suis un saumon ».Le
fil directeur de ce texte, c’est l’incarnation. Mettre en jeu ce corps
qui est notre mode originaire d’être au monde. Ce corps que l’on est, si
différent du corps que l’on a.Après
50 ans d’Aïkido, 12 ans de thérapie analytique et corporelle, 3 ans de
psychodrame analytique, des expériences du clown, du mime, du théâtre
masqué et du butô, j’ai pu mesurer les gradients d’ouverture de chacune
de ces disciplines qui favorisent, chacune à sa manière, la
disponibilité à l’événement transformateur pour qu’il advienne… ou
pas.J’ai fait un stage de butô voici
quelques années avec Sumako Koseki, qui est connue pour se laisser
habiter par des personnages fulgurants dans des transitions
instantanées. Je lui ai demandé comment elle pouvait habiter si
rapidement un personnage. Elle m’a répondu : « Je ne peux rien prévoir,
simplement me mettre en état de disponibilité et ça survient. »Voilà une belle métaphore pour l’accompagnement. Pas de processus, juste la vie qui s’invente dans son dévoilement.Car
comme le philosophe Henri Maldiney nous le rappelle : « L’existence est
rare. Nous sommes constamment, mais nous n’existons que quelquefois,
lorsqu’un véritable événement nous transforme. »C’est cette métamorphose qu’il faut oser affronter : sauter dans le vide. «
C’est dans le vide, dans la faille du Rien, que chacun court le risque
de soi-même, s’advenir ou s’anéantir. Mais là où tout est joué, où plus
rien n’est à être, du vide ne peut sortir que le même avec sa menace
sans hasard, le même d’une présence sans dépassement, prise dans
l’étreinte d’elle-même. Aussi s’agit-il avant tout de le colmater. » (H.
Maldiney)

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