𝐏𝐨𝐮𝐫𝐪𝐮𝐨𝐢 𝐥𝐞 𝐠𝐫𝐨𝐭𝐞𝐬𝐪𝐮𝐞 𝐟𝐚𝐬𝐜𝐢𝐧𝐞-𝐭-𝐢𝐥 𝐥𝐞𝐬 𝐦𝐚𝐬𝐬𝐞𝐬 ? 𝐃𝐞 𝐥𝐚 𝐜𝐮𝐢𝐫𝐚𝐬𝐬𝐞 « 𝐞𝐧𝐭𝐫𝐞𝐩𝐫𝐞𝐧𝐞𝐮𝐫𝐢𝐚𝐥𝐞 » 𝐚̀ 𝐥𝐚 𝐩𝐞𝐬𝐭𝐞 𝐩𝐨𝐩𝐮𝐥𝐢𝐬𝐭𝐞 : 𝐜𝐨𝐦𝐩𝐫𝐞𝐧𝐝𝐫𝐞 𝐥’irruption 𝐝𝐮 𝐠𝐫𝐨𝐭𝐞𝐬𝐪𝐮𝐞
Voilà une question troublante : comment ces figures grotesques — Hitler avec son hystérie, Mussolini avec ses bouffonneries, Trump avec ses logorrhées et ses gesticulations lascives — ont-elles pu et peuvent-elles encore entraîner des millions de gens vers des catastrophes et des abominations sans nom ?
Il suffit de prendre un peu de recul pour être sidéré. Ces leaders exhibent leur narcissisme pathologique, leur paranoïa délirante, leur incapacité à tolérer la moindre contradiction. Ils mentent ouvertement, changent de version en permanence, désignent des boucs émissaires sans vergognes.
….Et pourtant, les foules les acclament!
Plus troublant encore dans notre époque :
– comment les petits soldats du néolibéralisme — ces gens formatés à l’auto-optimisation, à la responsabilité individuelle, à l’entrepreneuriat de soi — ou encore les nouveaux bien pensants qui fustigent la bien pensance… basculent-ils soudain dans la fascination de leaders si manifestement malades?
– Comment passent-ils de “sois autonome, gère ta vie, optimise-toi” à “un homme fort, un « vrai » leader va nous sauver” ?
Dans cet article, j’explore cette énigme en articulant trois cadres pour penser le passage du personnel au collectif et pour évoquer des voies de retour au discernement.
Wilhelm Reich : Comment la cuirasse caractérielle — hier produite par la répression sexuelle, aujourd’hui par l’injonction à la performance — prépare psychiquement à désirer l’autorité qui nous opprimera.
Wilfred Bion : Comment les groupes sociaux terrorisés à l’idée d’avoir à penser la complexité se retrouvent ils vers des modes de fonctionnement régressifs, archaïques (présupposés de base) et sélectionnent précisément les leaders les plus pathologiques parce qu’ils incarnent leurs défenses psychiques.
Giorgio Agamben et Cornelius Castoriadis : Comment les dispositifs néolibéraux produisent cette subjectivité dévoyée, celle de la marchandise et du spectacle, et comment l’autonomie démocratique peut offrir une voie d’émancipation.
Ma thèse : le populisme n’est pas une anomalie, une déviation accidentelle du néolibéralisme. Il en est l’aboutissement logique. Le néolibéralisme produit l’angoisse ; le populisme la capte. Le premier atomise, ubérise ; le second offre une identité de meute. Le premier culpabilise ; le second désigne des coupables.
Mais l’analyse ouvre aussi des chemins de sortie : construire des contre dispositifs, cultiver la capacité collective de penser, retrouver l’autonomie démocratique réelle plutôt que le fantasme d’une autonomie entrepreneuriale mortifère.
Il suffit de prendre un peu de recul pour être sidéré. Ces leaders exhibent leur narcissisme pathologique, leur paranoïa délirante, leur incapacité à tolérer la moindre contradiction. Ils mentent ouvertement, changent de version en permanence, désignent des boucs émissaires sans vergognes.
….Et pourtant, les foules les acclament!
Plus troublant encore dans notre époque :
– comment les petits soldats du néolibéralisme — ces gens formatés à l’auto-optimisation, à la responsabilité individuelle, à l’entrepreneuriat de soi — ou encore les nouveaux bien pensants qui fustigent la bien pensance… basculent-ils soudain dans la fascination de leaders si manifestement malades?
– Comment passent-ils de “sois autonome, gère ta vie, optimise-toi” à “un homme fort, un « vrai » leader va nous sauver” ?
Dans cet article, j’explore cette énigme en articulant trois cadres pour penser le passage du personnel au collectif et pour évoquer des voies de retour au discernement.
Wilhelm Reich : Comment la cuirasse caractérielle — hier produite par la répression sexuelle, aujourd’hui par l’injonction à la performance — prépare psychiquement à désirer l’autorité qui nous opprimera.
Wilfred Bion : Comment les groupes sociaux terrorisés à l’idée d’avoir à penser la complexité se retrouvent ils vers des modes de fonctionnement régressifs, archaïques (présupposés de base) et sélectionnent précisément les leaders les plus pathologiques parce qu’ils incarnent leurs défenses psychiques.
Giorgio Agamben et Cornelius Castoriadis : Comment les dispositifs néolibéraux produisent cette subjectivité dévoyée, celle de la marchandise et du spectacle, et comment l’autonomie démocratique peut offrir une voie d’émancipation.
Ma thèse : le populisme n’est pas une anomalie, une déviation accidentelle du néolibéralisme. Il en est l’aboutissement logique. Le néolibéralisme produit l’angoisse ; le populisme la capte. Le premier atomise, ubérise ; le second offre une identité de meute. Le premier culpabilise ; le second désigne des coupables.
Mais l’analyse ouvre aussi des chemins de sortie : construire des contre dispositifs, cultiver la capacité collective de penser, retrouver l’autonomie démocratique réelle plutôt que le fantasme d’une autonomie entrepreneuriale mortifère.