La tradition mal comprise, c’est à dire non questionnée, non travaillée, conduit inexorablement à la calcification de ce que doit être tout travail « spirituel »: une ouverture à la surprise.
Tenir vivante une tradition, c’est aussi la questionner dans son rapport à d’autres pensées hétérogénes.
Pensée occidentale et orientale peuvent dialoguer et « decoincider » pour proposer un enrichissement mutuel, un dépassement qui n’affadit ni l’une ni l’autre, ne rabat aucunement l’une sur l’autre.
Coté japonais, ce travail, a été mené par des philosophes mais aussi des psychiatres car la psychopathologie est le lieu même de l’epreuve de l’humain. Ils puissent dans leur experience profonde du zen tout en dialoguant avec la philosophie occidentale, la phénomenologie en particulier.
Les questions de l’individuation, de la socialisation, du développement spirituel, de l’altérité, de la rencontre, de la spontaneité, de la créativité… s’en trouvent renouvelés
Voici quelques années, nous avons proposé avec mon ami Joel Bouderlique (1) un séminaire dont l’enjeu etait de questionner la rencontre incarnée à partir de la pensée japonaise.
L’objectif de ce séminaire etait d’interroger « l’incarnation de la rencontre » dans les dispositifs d’accompagnement en se laissant bousculer par la pensée japonaise, à travers le travail du philosophe Nishida et du psychiatre Kimura Bin,
Il avait pour vocation d’être un lieu de mise à l’épreuve de la pensée à travers l’expérience corporelle – Buto, exercices issus des arts martiaux, du zen etc, – et de l’expérience corporelle à l’épreuve de la pensée..
Ce séminaire etait destiné à tous ceux pour qui « la rencontre » est au cœur de leur pratique : managers, coachs, thérapeutes, philosophes.
Sa presentation constitue, merci Joël, une présentration particulierement, éclairante de cette culture de l’écart (Aida), de la tension, au coeur de la pensée japonaise et qu’il faut maintenir ouverte
(1) – Joel Bouderlique est docteur en philosophie. Il a passé sa thése sous la direction d’Henri Maldiney. Il a enseigné la philosophie pendant 20 ans dans une université japonaise. Il est egalement psychologue et a exercé dans le service du professur Kimura Bin dont il est l’un des deux traducteurs en fraçais.