Je parcours les réseaux depuis maintenant plusieurs années et j’ai vu l’effondrement du dialogue au profit de la disqualification personnelle voir de l’insulte.
Ce qui est grave ce n’est pas seulement l’effondrement de la pensée dans l’ornière réactionnaire, c’est que cela est la marque d’un refus d’apprendre. Car apprendre n’est possible qu’en confrontation et en dialogue avec l’altérité.
Ce papier que je propose ici et que j’ai intitulé , « qu’est-ce qu’apprendre » je l’ai présenté par oral pendant une séance de zazen car la question concerne de la même maniéré l’enseignement du bouddhisme que les bouddhistes eux même ont trop tendance à ramener à des mantras édifiant en évacuant la dimension révolutionnaire de la mise en abime de son propre enseignement : « si tu rencontres le Bouddha, tues le ! »
Apprendre est un problème universel sans lequel nulle citoyenneté n’est tenable encore moins la démocratie et comme Chouang tseu nous l’affirme avec le tranchant de sa radicalité « apprendre c’est apprendre ce qui ne s’apprend pas ».
Nulle spécificité bouddhiste dans ce texte et si le Bouddha est cité c’est pour sa capacité , justement, à appeler à le déposséder de son propre enseignement.
La discipline nécessaire s’appelle l’épochè en phénoménologie : il s’agit de se débarrasser de ses préjugés, représentations.
Apprendre nécessite d’être intelligent au sens de Varela « l’intelligence ne consiste pas en la capacité à résoudre des problèmes mais dans la capacité à rejoindre un monde commun »
Et pour cela il est nécessaire d’explorer sans a priori les positions de l’autre.
C’est bien ce qui était imposé dans les grande « disputio » où l’on demandait à chacune de commencer par défendre les positions de son adversaire !!!
Alors ce que je défends dans ce texte c’est qu’au bout du compte apprendre c’est vivre en pleine conscience c’est-à-dire se mettre à l’épreuve !