Les masques de la spiritualité : derrière les mots, les blessures

𝐋𝐚 𝐬𝐩𝐢𝐫𝐢𝐭𝐮𝐚𝐥𝐢𝐭𝐞́ 𝐝𝐞𝐯𝐢𝐞𝐧𝐭 𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐩𝐚𝐫𝐟𝐨𝐢𝐬 𝐞𝐭 𝐦𝐞̂𝐦𝐞 𝐬𝐨𝐮𝐯𝐞𝐧𝐭, 𝐮𝐧 𝐚𝐥𝐢𝐛𝐢 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐧𝐞 𝐩𝐚𝐬 𝐭𝐫𝐚𝐯𝐚𝐢𝐥𝐥𝐞𝐫 𝐬𝐞𝐬 𝐩𝐫𝐨𝐩𝐫𝐞𝐬 𝐟𝐚𝐢𝐥𝐥𝐞𝐬 ?

Il suffit de parcourir les réseaux sociaux pour constater les dérives de l’instrumentalisation des spiritualités à des fins marketing, narcissiques, voire de manipulation, d’influence ou de pouvoir. Certes, certaines de ces stratégies sont conscientes et s’inscrivent dans des logiques commerciales délibérées. Ce que Chogyam Trungpa appelait « matérialisme spirituel »

Cependant, e𝐥𝐥𝐞𝐬 𝐬𝐨𝐧𝐭 𝐥𝐞 𝐩𝐥𝐮𝐬 𝐬𝐨𝐮𝐯𝐞𝐧𝐭 𝐥𝐞 𝐩𝐫𝐨𝐝𝐮𝐢𝐭 𝐝’𝐮𝐧 𝐞́𝐯𝐢𝐭𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 : 𝐥𝐞 𝐫𝐞𝐟𝐮𝐬 𝐝𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐟𝐫𝐨𝐧𝐭𝐞𝐫 𝐞𝐭 𝐝𝐞 𝐭𝐫𝐚𝐢𝐭𝐞𝐫 𝐬𝐞𝐬 𝐩𝐫𝐨𝐩𝐫𝐞𝐬 𝐧𝐞́𝐯𝐫𝐨𝐬𝐞𝐬.

Il suffit de fréquenter les dojos, les associations bouddhistes ou autres pour constater les ravages des problématiques personnelles non travaillées : rivalités, voire haines, disqualifications défensives par l’utilisation abusive de concepts spirituels.

Ces effets délétères se manifestent par des symptômes et des tensions aussitôt déniés par l’utilisation des fétiches habituels :   la vacuité, l’ego (ah ! le définitif ; c’est ton ego) , ou l’invocation de l’ amour universel comme renversement des rancœurs non travaillées.

Ce phénomène est dangereux car il pervertit les relations au sein même de communautés dont l’objectif premier devrait être le discernement et la croissance spirituelle.

En détournant les enseignements, il crée un terreau fertile pour l’émergence de comportements toxiques et entrave la véritable transformation personnelle.

𝐂𝐞 𝐭𝐞𝐱𝐭𝐞 𝐚𝐧𝐚𝐥𝐲𝐬𝐞 𝐝’𝐮𝐧𝐞 𝐦𝐚𝐧𝐢𝐞́𝐫𝐞́ 𝐭𝐫𝐞̀𝐬 𝐜𝐥𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐥𝐞𝐬 𝐫𝐞𝐬𝐬𝐨𝐫𝐭𝐬 𝐞𝐭 𝐞𝐟𝐟𝐞𝐭𝐬 𝐝𝐞𝐬 𝐫𝐞𝐟𝐮𝐬 𝐝𝐞 𝐭𝐫𝐚𝐯𝐚𝐢𝐥 𝐩𝐞𝐫𝐬𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥 (𝐜’𝐞𝐬𝐭 𝐯𝐚𝐥𝐚𝐛𝐥𝐞 𝐚𝐮𝐬𝐬𝐢 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐠𝐫𝐨𝐮𝐩𝐞𝐬) 𝐞𝐭 𝐬𝐞𝐬 𝐫𝐞𝐭𝐨𝐮𝐫𝐬 𝐝𝐚𝐧𝐬  𝐥𝐚 𝐯𝐢𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐨𝐫𝐠𝐚𝐧𝐢𝐬𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 !

Une réflexion sur “Les masques de la spiritualité : derrière les mots, les blessures

  1. Avatar de Daniel Cohen Daniel Cohen

    Merci Lucien ! Ce texte décrit et conceptualise très justement ce phénomène que l’on peut observer dans les communautés spirituelles, comme d’ailleurs dans les organisations politiques luttant pour la libération de la servitude… Je suis pleinement d’accord avec John Welwood. À méditer 🙂

    Amitié

    Daniel

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