Le paradoxe: une ouverture à l’impossible

𝐄𝐭 𝐬𝐢 𝐥𝐞 𝐭𝐫𝐚𝐯𝐚𝐢𝐥 𝐝𝐮 𝐩𝐚𝐫𝐚𝐝𝐨𝐱𝐞 𝐞𝐭𝐚𝐢𝐭 𝐮𝐧𝐞 𝐯𝐨𝐢𝐞 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐝𝐞𝐯𝐞𝐧𝐢𝐫 𝐚𝐝𝐮𝐥𝐭𝐞?

Cela fait une dizaine d’années que je suis membre du comité d’éthique de l’hôpital psychiatrique de Montfavet.

Ce qui caractérise le champ de l’éthique, c’est que les questions dont nous sommes saisis ne sont jamais des problèmes dont il serait possible de trouver une solution mais des dilemmes.

Autrement dit, il n’y a pas de « bonne » décision mais des choix à éclairer et à faire vivre.

Nos fondements mêmes , qui se cherchent entre l’éthique principielle s’appuyant sur des principes identifiés et formalisés et l’éthique relationnelle qui consiste à éclairer les choix afin que le patient puisse décider en connaissance de cause et en toute responsabilité , sont aussi en tension et conduisent à des débats féconds.

De fait l’indétermination est créatrice pour peu qu’on accepte de maintenir la tension existentielle comme moteur de dépassement.

𝐋𝐞 𝐭𝐞𝐱𝐭𝐞 𝐜𝐢-𝐝𝐞𝐬𝐬𝐨𝐮𝐬 𝐜𝐡𝐞𝐫𝐜𝐡𝐞 𝐚̀ 𝐞𝐱𝐩𝐥𝐨𝐫𝐞𝐫 𝐚̀ 𝐩𝐚𝐫𝐭𝐢𝐫 𝐝𝐞 𝐦𝐨𝐧 𝐞𝐱𝐩𝐞́𝐫𝐢𝐞𝐧𝐜𝐞 𝐝𝐮 𝐳𝐞𝐧 𝐥’𝐢𝐦𝐩𝐨𝐫𝐭𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐩𝐚𝐫𝐚𝐝𝐨𝐱𝐞𝐬 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐥’𝐞́𝐥𝐚𝐛𝐨𝐫𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞𝐬 𝐬𝐢𝐭𝐮𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬.

C’est que le paradoxe confronte à l’impossible et impose de changer de paradigme pour faire surgir de nouvelles significations.

« 𝐜𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐥’𝐨𝐧 𝐧𝐞 𝐩𝐞𝐮𝐭 𝐝𝐢𝐫𝐞, 𝐢𝐥 𝐟𝐚𝐮𝐭 𝐥𝐞 𝐦𝐨𝐧𝐭𝐫𝐞𝐫 » 𝐧𝐨𝐮𝐬 𝐝𝐢𝐭 𝐖𝐢𝐭𝐭𝐠𝐞𝐧𝐬𝐭𝐞𝐢𝐧.

𝐋𝐞 𝐩𝐚𝐫𝐚𝐝𝐨𝐱𝐞 𝐞𝐬𝐭 𝐮𝐧𝐞 𝐦𝐚𝐧𝐢𝐞̀𝐫𝐞 𝐩𝐮𝐢𝐬𝐬𝐚𝐧𝐭𝐞 𝐝𝐞 𝐝𝐢𝐫𝐞 𝐥’𝐢𝐦𝐩𝐨𝐬𝐬𝐢𝐛𝐢𝐥𝐢𝐭𝐞́ 𝐝𝐮 𝐥𝐚𝐧𝐠𝐚𝐠𝐞 𝐚̀ 𝐭𝐨𝐮𝐭 𝐝𝐢𝐫𝐞 𝐞𝐭 𝐥𝐚 𝐧𝐞́𝐜𝐞𝐬𝐬𝐢𝐭𝐞́ 𝐝𝐞 𝐥𝐞 𝐝𝐞́𝐩𝐚𝐬𝐬𝐞𝐫.

Tous les aveuglements haineux, des « moi je », »des rageux, des accusateurs, des imprécateurs viennent de l’impossibilité, pour des raisons diverses, de tenir une tension créatrice entre des positions contradictoires qui se légitiment dans leur propre contexte à explorer.

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