Il y a dans le néolibéralisme une survalorisation des leaders institutionnels et une dévalorisation de la dimension collective.
Les posts glorifiant la compétition se succèdent. On se demande d’ailleurs quels sont les ressorts identitaires de ces identifications aussi massivement non questionnées.
J’ai moi même suffisamment siégé dans ces comités sensés détecter les talents pour favoriser leur carrière (fast track, ça ne s’invente pas). Ce que j’y ai surtout observé ce sont les stratégies d’influence entre des chefs de service qui poussent leurs pions. La compétition sélective est un mythe autant que la concurrence non faussée
D’autant que derrière ces posts se dissimule un contresens, un appauvrissement dramatique et une instrumentalisation de la théorie de l’évolution de Darwin.
Alors j’ai voulu retrouver Darwin, qui est beaucoup plus subtil que ces caricatures. Je rappelle que la bêtise n’est pas l’absence d’intelligence mais l’enfermement dans des préjugés non questionnés, voire rendus inquestionnables.
À l’inverse, Darwin constitue un remède puissant contre la bêtise : c’est ce que je veux mettre en évidence dans ce texte.
J’y montre que l’horizon de l’évolution s’appelle l’éthique, c’est-à-dire une manière vivable et humaine d’habiter le monde.
Le mécanisme sous jacent prend le nom de sens éthique chez Paul Ricoeur : il résulte de l’émergence de la culture et de la boucle vertueuse de l’adaptation coopérative.
J’ai présenté une partie de ce texte au comité d’éthique d’un grand hôpital psychiatrique, dont je suis membre.