L’Immémorial et l’Événement: dialogue entre Pierre Legendre et Cornelius Castoriadis

𝐋𝐞𝐬 𝐯𝐞𝐫𝐭𝐮𝐬 𝐜𝐫𝐞́𝐚𝐭𝐫𝐢𝐜𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐝𝐞́𝐜𝐨𝐢̈𝐧𝐜𝐢𝐝𝐞𝐧𝐜𝐞 : 𝐪𝐮𝐚𝐧𝐝 𝐟𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐝𝐢𝐚𝐥𝐨𝐠𝐮𝐞𝐫 𝐥’𝐢𝐧𝐜𝐨𝐦𝐩𝐚𝐭𝐢𝐛𝐥𝐞 𝐫𝐞́𝐯𝐞̀𝐥𝐞 𝐥’𝐞𝐬𝐬𝐞𝐧𝐭𝐢𝐞𝐥

J’ai « rencontré » Pierre Legendre voici une vingtaine d’année fasciné par un auteur à la fois professeur de droit romain et psychanalyste et puis il a disparu derrière moi victime collatérale de mes chemins de traverse.

Il ressurgit aujourd’hui pour éclairer un débat instrumentalisé caricaturalement par ce qu’il y a de pire dans la politique: la calcifications de racines nauséeuses ou le défilé des opinions nihilistes.

Alors j’ai voulu sortir du marécage réactionnaire pour explorer les pensées, particulièrement profondes, de Pierre Legendre et Cornelius Castoriadis, deux penseurs majeurs du XXe siècle aux conclusions politiques , semble t-il au premier abord, opposées.

Plutôt que de chercher des synthèses artificielles ou de creuser stérilement les oppositions, la méthode de la « 𝐝𝐞́𝐜𝐨𝐢̈𝐧𝐜𝐢𝐝𝐞𝐧𝐜𝐞 » (𝐅𝐫𝐚𝐧𝐜̧𝐨𝐢𝐬 𝐉𝐮𝐥𝐥𝐢𝐞𝐧) consiste à maintenir la tension productive entre des pensées apparemment incompatibles. Cette approche révèle souvent des noyaux communs inattendus et des ramifications divergentes fécondes.

C’est cette démarche que j’ai appliquée dans cet article analysant le 𝐝𝐢𝐚𝐥𝐨𝐠𝐮𝐞 𝐞𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐏𝐢𝐞𝐫𝐫𝐞 𝐋𝐞𝐠𝐞𝐧𝐝𝐫𝐞 𝐞𝐭 𝐂𝐨𝐫𝐧𝐞𝐥𝐢𝐮𝐬 𝐂𝐚𝐬𝐭𝐨𝐫𝐢𝐚𝐝𝐢𝐬 qui dévoile des convergences surprenantes et des divergences notables qui trouvent, peut être, leur résolution dans l’enracinement chez Simone Weil qui n’a rien à voir avec les mantras des bas du front mais mais plutôt avec la question de la reprise (le contraire de la répétition) chez Kierkegaard, ce processus de ré élaboration permanent de la mémoire qui s’actualise dans le présent pour nourrir le futur
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– 𝐏𝐢𝐞𝐫𝐫𝐞 𝐋𝐞𝐠𝐞𝐧𝐝𝐫𝐞 𝐝𝐞́𝐯𝐞𝐥𝐨𝐩𝐩𝐞 𝐮𝐧𝐞 « 𝐚𝐧𝐭𝐡𝐫𝐨𝐩𝐨𝐥𝐨𝐠𝐢𝐞 𝐝𝐨𝐠𝐦𝐚𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞 » 𝐥qui révèle la nécessité structurelle des instances tierces et des médiations symboliques. Pour lui, l’humanisation passe par l’inscription dans un ordre qui nous précède et nous dépasse.
– 𝐂𝐨𝐫𝐧𝐞𝐥𝐢𝐮𝐬 𝐂𝐚𝐬𝐭𝐨𝐫𝐢𝐚𝐝𝐢𝐬 𝐭𝐡𝐞́𝐨𝐫𝐢𝐬𝐞 𝐥' »𝐢𝐦𝐚𝐠𝐢𝐧𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐬𝐨𝐜𝐢𝐚𝐥 » et affirme la capacité créatrice des collectivités à s’auto-instituer. Il ouvre vers une démocratie radicale où les citoyens reconnaissent leurs institutions comme leur œuvre propre.

𝐋’𝐞𝐧𝐣𝐞𝐮 ?
Repenser l’articulation entre ordre et création, tradition et innovation, pour ouvrir des voies d’émancipation authentiques face aux défis contemporains.

𝐋𝐚 𝐝𝐞́ 𝐜𝐨𝐢̈𝐧𝐜𝐢𝐝𝐞𝐧𝐜𝐞 𝐫𝐞́𝐯𝐞̀𝐥𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐥𝐞𝐬 𝐚𝐥𝐭𝐞𝐫𝐧𝐚𝐭𝐢𝐯𝐞𝐬 𝐬𝐭𝐞́𝐫𝐢𝐥𝐞𝐬 (𝐜𝐨𝐧𝐬𝐞𝐫𝐯𝐚𝐭𝐢𝐬𝐦𝐞/𝐩𝐫𝐨𝐠𝐫𝐞𝐬𝐬𝐢𝐬𝐦𝐞, 𝐨𝐫𝐝𝐫𝐞/𝐚𝐧𝐚𝐫𝐜𝐡𝐢𝐞) 𝐦𝐚𝐬𝐪𝐮𝐞𝐧𝐭 𝐬𝐨𝐮𝐯𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐞𝐬 𝐩𝐨𝐬𝐬𝐢𝐛𝐢𝐥𝐢𝐭𝐞́𝐬 𝐢𝐧𝐞́𝐝𝐢𝐭𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐫𝐞𝐧𝐨𝐮𝐯𝐞𝐚𝐮 𝐝𝐞́𝐦𝐨𝐜𝐫𝐚𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞.

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