Questionner les pratiques d'accompagnement dans toutes leurs dimensions: anthropologiques, philosophiques, épistémologiques, idéologiques…et humoristiques
Le théâtre de la cruauté: l’épreuve du réel et le théâtre liberateur
Il y a trois ans, je publiais un texte sur le théâtre de la cruauté et la scène démocratique. Aujourd’hui, je le rediffuse, à la lumière d’un spectacle qui m’a laissé un sale gout dans la bouche.
Nicolas Sarkozy, condamné, s’est offert une dernière scène. Tremolos, indignation, posture de victime… mais rien ne résonnait juste. Une falsification sans grandeur et sans honneur. Une performance sans sincérité, où le masque ne se fissure jamais. Et c’est là que le malaise surgit.
Car le théâtre, lorsqu’il est vécu, peut être cathartique. Il peut ouvrir un espace de vérité, de résonance, de transformation. Mais ici, rien ne se joue. Tout se rejoue. L’acteur ne s’expose pas, il instrumentalise. Il ne traverse pas sa propre faille, il la maquille….et en plus pour manipuler.
Ce moment pose une question essentielle : que devient la scène politique quand elle refuse la sincérité ? Quand elle mime l’émotion sans la vivre ? Peut-elle encore être un lieu de partage, de soin, de démocratie ?
C’est à partir de cette tension que j’ai écrit ce texte. Il explore comment le théâtre de la cruauté – celui d’Artaud, mais aussi celui de nos institutions – peut devenir un espace de vérité, à condition de ne pas fuir la douleur, ni la dissonance.