Questionner les pratiques d'accompagnement dans toutes leurs dimensions: anthropologiques, philosophiques, épistémologiques, idéologiques…et humoristiques
Quand la spiritualité devient fuite: anatomie d’une illusion
C’est que j’ai vu passer des pratiquants qui abandonnaient sans que l’on s’intéresse vraiment à leurs motivations : pourquoi sont-ils venus ? Pourquoi sont-ils partis ? Qu’y a-t-il à comprendre pour le groupe, toujours réduit à un noyau transi dans sa recherche du Bouddha intérieur, en contradiction même avec le Kalama Sutta ?
Plus grave encore : lorsqu’une des anciennes pratiquantes eut un cancer, il n’y eut personne pour maintenir un lien, à part moi, timidement, par quelques coups de téléphone.
J’avais proposé de nous interroger très concrètement sur nos fonctionnements dans un groupe de régulation. Mais il faut croire que les bénéfices secondaires de ne pas avoir à se questionner, avec l’absolution du Godo, sont puissants… Et pourtant, la vie institutionnelle de l’association est largement marquée du sceau du ressentiment.
Ces dénis successifs, jamais élaborés, jamais questionnés, dessinent en creux une pathologie collective : l’incapacité à accueillir ce qui dérange, à entendre ce qui critique, à se remettre en cause.
Pourtant, le Kalama Sutta est clair : le Bouddha nous demande de vérifier par nous-même, de refuser l’autorité aveugle, de garder notre esprit critique.
La vraie question : que se joue-t-il pour une spiritualité qui ne s’interroge plus, confite dans son mantra non élaboré « les mots sont des obstacles », n’écoute plus ceux qui la quittent, n’interroge plus le monde ? 𝐂’𝐞𝐬𝐭 𝐨𝐮𝐛𝐥𝐢𝐞𝐫 𝐪𝐮𝐞 𝐥’𝐨𝐮𝐯𝐞𝐫𝐭𝐮𝐫𝐞 𝐚̀ 𝐬𝐨𝐢 𝐞𝐬𝐭 𝐢𝐧𝐝𝐢𝐬𝐬𝐨𝐜𝐢𝐚𝐛𝐥𝐞 𝐝𝐞 𝐥’𝐨𝐮𝐯𝐞𝐫𝐭𝐮𝐫𝐞 𝐚̀ 𝐥’𝐚𝐮𝐭𝐫𝐞.