Le (néo) libéralisme: sortir du monde calcifié des derniers hommes

𝐋𝐞 𝐛𝐨𝐧𝐡𝐞𝐮𝐫, 𝐞𝐧𝐟𝐢𝐧!

Nous y sommes. Dans le Bouzoumonde (Julia de Funès, Nicolas Bouzou y avait Gattaz mais il m’a viré et beaucoup d’autres qui se reconnaîtront dans la pratique du « point Gattaz – trotskyste, collectiviste…)

L’histoire a trouvé son rythme de croisière : des marchés qui s’autorégulent, des individus qui s’optimisent, des plateformes qui connectent, des indicateurs qui progressent. L’éternel retour du même — non pas celui, vertigineux, que Nietzsche lançait comme défi aux forts, mais sa version domestiquée : la circularité rassurante des trimestres, des bilans, des reporting, des cycles de performance.

Un retour sans reprise — au sens où Kierkegaard entendait ce mot : non pas la répétition mécanique, mais le mouvement par lequel on revient sur soi pour se saisir autrement, pour se risquer à être plus que ce qu’on était.

𝐂𝐞𝐭𝐭𝐞 𝐫𝐞𝐩𝐫𝐢𝐬𝐞 𝐥𝐚̀, 𝐥𝐞𝐬 𝐥𝐢𝐛𝐞́𝐫𝐚𝐥𝐢𝐬𝐦𝐞𝐬 (𝐧𝐞́𝐨, 𝐨𝐫𝐝𝐨…) 𝐥’𝐨𝐧𝐭 𝐫𝐞𝐧𝐝𝐮𝐞 𝐬𝐭𝐫𝐮𝐜𝐭𝐮𝐫𝐞𝐥𝐥𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐢𝐦𝐩𝐨𝐬𝐬𝐢𝐛𝐥𝐞. 𝐎𝐧 𝐭𝐨𝐮𝐫𝐧𝐞, 𝐨𝐧 𝐨𝐩𝐭𝐢𝐦𝐢𝐬𝐞, 𝐨𝐧 𝐢𝐭𝐞̀𝐫𝐞 — 𝐦𝐚𝐢𝐬 𝐫𝐢𝐞𝐧 𝐧’𝐚𝐝𝐯𝐢𝐞𝐧𝐭. 𝐋𝐞 𝐜𝐡𝐚𝐦𝐩 𝐞𝐬𝐭 𝐩𝐚𝐫𝐟𝐚𝐢𝐭𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐥𝐚𝐛𝐨𝐮𝐫𝐞́, 𝐩𝐚𝐫𝐟𝐚𝐢𝐭𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐢𝐫𝐫𝐢𝐠𝐮𝐞́, ….𝐞𝐭 𝐩𝐚𝐫𝐟𝐚𝐢𝐭𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐬𝐭𝐞́𝐫𝐢𝐥𝐞.

C’est ce que Nietzsche avait anticipé avec une précision qui donne le frisson : les derniers hommes n’ont pas perdu les valeurs dans la douleur d’un effondrement — ils les ont rendues inutiles par confort, par intérêts sordides. Ils clignent des yeux.

Ce texte part de là — de ce clignotement généralisé — pour tenter de nommer ce qui se passe réellement : non pas une crise, non pas un accident, mais un régime esthético-politique cohérent, le grotesque néolibéral, dont la propriété fondamentale est l’auto-adhérence.

Comme la bande de Möbius, il n’a pas de dehors : la critique y est un segment de marché, la résistance un style, l’authenticité une marque.

Mais les temps apocalyptiques — au sens grec, du dévoilement — ont un double visage.

« 𝐋𝐚̀ 𝐨𝐮̀ 𝐜𝐫𝐨𝐢̂𝐭 𝐥𝐞 𝐩𝐞́𝐫𝐢𝐥, 𝐜𝐫𝐨𝐢̂𝐭 𝐚𝐮𝐬𝐬𝐢 𝐜𝐞 𝐪𝐮𝐢 𝐬𝐚𝐮𝐯𝐞 » (𝐇𝐨̈𝐥𝐝𝐞𝐫𝐥𝐢𝐧). .

Dans les plis mêmes du grotesque intégré, des expériences surgissent : modestes, locales, obstinément persistantes. Des tiers lieux, des communs, des coopératives — et, plus inattendu, les leçons de la psychiatrie institutionnelle comme laboratoire historique de dispositifs subjectivants.

C’est à ces germes — fragiles, réels, irréductibles — que ce texte est consacré

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.