Questionner les pratiques d'accompagnement dans toutes leurs dimensions: anthropologiques, philosophiques, épistémologiques, idéologiques…et humoristiques
Le corps ne dit pas la vérité. Il dit autre chose!
Voilà ce qu’il est urgent de déconstruire avant d’entrer dans tout travail sérieux de médiation corporelle.
Car ce corps-là — celui qui « dit vrai » face au langage qui « ment » — est paradoxalement un corps mort. Réduit à un répertoire de signaux, extrait de l’histoire du sujet, traité comme un texte univoque. Ce n’est pas dépasser le dualisme cartésien. C’est le reconduire en inversant la perspective
Marcel Jousse, jésuite et anthropologue du XXe siècle, propose quelque chose de radicalement différent : le geste précède la pensée. Avant de comprendre, j’ai incorporé — incorporé un rythme, par le rejeu du monde dans ma musculature. La connaissance n’est pas représentation — elle est incorporation.
Cette thèse, formulée dans les années 1930 depuis l’observation des corps de conteurs araméens et d’enfants en train d’apprendre, s’avère étonnamment convergente avec Merleau-Ponty, avec la théorie de l’enaction de Varela, avec les neurones miroirs de Rizzolatti, avec Kimura Bin et son concept d’aïda.
J’ai tenté d’en faire la synthèse dans un article pour L’Entre Deux — en articulant le cadre de Jousse (schèmes SAM, palimpseste corporel, rythmo-mimisme) avec l’approche caractérielle de Reich et Lowen, et en tirant les implications pour une clinique rigoureuse de l’équicoaching….et du coaching