Pas casher le truc du péché ! à se faire excommunier par les églises bouddhiques…
Bon, à ma décharge, d’une part c’est fait ! je suis excommunié et d’autre part, c’est pas moi qui le dit , mais Nishitani, l’un des représentants remarquable, avec Nishida, de l’Ecole de Kyoto (cf. une courte présentation dans le texte) .

Drole de type ce bouddhiste qui écrit « Le book » qui invite à revisiter la religion, La religion, le fait religieux, pas une religion.
A lire par les chrétiens en particulier, pour peu qu’ils souhaitent, pour ceux qui l’ont perdu, redonner une densité existentielle à leur foi plutôt que, plus désert des tartares que ça tu meurs, camper sur les remparts de forteresses désertées depuis longtemps, vidées de toute présence, juste les gardiens haineux d’une calcification qu’ils ne veulent ni voir ni dépasser, ni même questionner !
Nishitani parle certes à partir du Bouddhisme Zen, qui n’echappe pas non plus à la calcification , les cordonniers sont les plus mal chaussés, mais c’est pour mieux toucher, en dialogue avec la culture occidentale, l’universalité de l’aspiration religieuse.
Une lecture décapante, en tension avec la philosophie occidentale : on y croise Maitre Eckhart, Nietzsche, Sartre, Heidegger, Kierkegaard mais attention ! de ne pas en faire un simple exercice d’érudition pour mieux refuser l’ouverture à l’experience transformatrice du « néant » : il s’agit d’ouvrir ce chemin qui se fait en marchant en questionnant sévèrement le celui tracé sur la carte par les institutions : « Malheur au sentier qui se retourne pour dévisager le passant » (Maurice Blanchot)
Ce chemin n’est pas de tout repos : c’est aussi celui de la nuit noire chez Saint Jean de La Croix…
Accepter et vivre aussi la malignité de l’être , c’est se donner une chance d’échapper au retour du refoulé par une conversion radicale du regard !