Comité scientifique, tique, tique

Je suis étonné de voir aussi peu de réactions, à part le remarquable coup de gueule du Professeur Perronne, face à la décision du Comité Scientifique d’autoriser la Chloroquine, justement dans champs d’application déconseillés par le professeur Raoult et les chinois, c’est-à-dire pour des personnes dont l’infestation est déjà massive et les fonctions vitales dégradées.

Alors j’entends déjà les vertueux, les afficionados de la methodo, les assis, les JF Kahn et autres Ferry, s’indigner jusqu’à s’étouffer, sur ces « sachant sans savoir, sachant mieux que les sachant qui savent » (un petit exercice de diction pour apprendre à parler haut et fort !)  , dénonçant ces crimes de lèse science ou plutôt de lèse « « comité scientifique » » (les deux guillemets ne sont pas une coquille).

Il est vrai que je n’ai pas de grandes découvertes à mon actif. Mais j’ai un peu de bon sens (si, si ça sert, y compris en sciences) et une bonne formation scientifique quand même, master de mathématiques à orientation probabilités, statistiques et logique mathématique, accessoirement un master de psychologie et un MBA. Mais surtout dans les années 75, j’ai traîné mes guêtres (oui, ça fait un peu 19e siécle) à l’Institut de Statistique des Universités de Paris où j’ai obtenu un Certificat de Statistique Appliquée à la Médecine et à la Biologie Médicale.

Mais il faut croire que la science a bien changée, la révolution quantique sans doute, si, si, je ne vois que ça, puisque désormais on teste les hypothèses proposées en dehors de leur champ de validité.  

Alors, quel que soit ce que l’on pense de cette molécule, ce coup d’état méthodologique,  pose plusieurs questions.

La première c’est à quel jeu joue le comité scientifique ?  On est au-delà de la pusillanimité, du conformisme, un tel dévoiement implique forcément un agenda caché et moi qui voulais éviter le complotisme je me prends à imaginer le pire.

Peut-être s’agit-il simplement de sauver le roi car, aujourd’hui, tout le monde peut voir que le roi est nu et qu’il est impossible d’appliquer les préconisations de l’OMS, c’est-à-dire tester tout le monde et de confiner les malades ce qui a fonctionné en Corée et qui est encore une fois du bon sens pour cause de destruction massive du système de santé et de la logistique nécessaire.

Or ce qu’il faut valider c’est la stratégie de Raoult tester – traiter avant qu’il ne soit trop tard. Manque…ben, tout quoi!l es tests, les infrastructures,le personnel

 Alors qu’attendrait-on d’un gouvernement digne de ce nom : la vérité, l’aveu de l’impréparation organisée pour des raisons idéologiques et la mise en place d’un plan Marshal pour sortir de l’impasse. Oui, peut-être qu’un gouvernement courageux pourrait retrouver une légitimité et une crédibilité suffisante pour faire passer des décisions difficiles.

La deuxième question est celle de l’éthique. Quand on parle d’éthique le glissement est vite fait vers l’éthique bureaucratique, celle des comités d’éthiques contre sens redoutable mais instrument politique pour certains sans aucun doute

Car l’éthique et je renvoie à mon billet dans ce même blog est, d’abord,  ma manière singulière d’habiter le monde, de prendre le risque d’être moi: ne pas céder sur son désir murmure Lacan derrière son divan, rester fidèle à la vérité de l’événement qui m’arrache hors de moi même répond Badiou.

Raoult a une  conduite éthique que l’on peut certes contester mais il prend le risque d’être fidèle à la vérité de l’événement , à ses convictions, à ses engagements certainement pas le comité scientifique.

La troisième question plus profonde que cela pose est le statut démocratique des experts : oligarchie versus démocratie.

Dans la Grèce du IVe siècle, il y avait des comités d’expert qui jouaient un rôle consultatif. Non pas conseillers du prince, mais conseillers du peuple.  Ils étaient révocables à tout moment et étaient renouvelés tous les ans si je ne m’abuse. C’est l’assemblée du peuple, l’ecclésia, qui prenaient les décisions législatives et exécutives. :

C’est le peuple qui gouverne, pas ses représentants, c’est le peuple qui gouverne, pas les experts, c’est la communauté qui gouverne pas l’état

Pas de conflits d’intérêts possibles, pas de courses à la rosette, à la promotion, au pantouflage, ou au simple plaisir de dîner à côté du Maître, d’en être, quoi..

On voit bien les soupçons de partialité de Madame Buzyn dans la marginalisation du professeur Raoult compte tenu de ses liens avec l’INSERM et du conflit de fond notoire qui oppose son mari à l’IHU. Cela ne fait que rajouter au climat délétère.

C’est, donc, bien une crise de la démocratie qui se dessine derrière les décisions du comité scientifique.

Puisque l’un des slogans qui se répète à l’envie sur les réseaux sociaux: en chinois, crise veut aussi dire opportunité, le vidant de son sens révolutionnaire pourquoi ne pas le prendre au mot .

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