Pourquoi l’équicoaching ? mes trajectoires de hasard

Alors, on fait ce que l’on est, on fait avec ce que l’on est et pas avec ce que l’on voudrait être ou ce que l’on voudrait paraître sinon cela s’appelle l’imposture

Le premier outil du coach, c’est lui même. C’est un truisme mais dont manifestement peu de praticiens tirent toutes les conséquences.

C’est en me retournant que je constate que ma trajectoire, pourtant faites de rencontre de hasard, ne pouvait qu’aboutir à la relation d’aide, à une proposition d’aide adressée aux managers (on pourrait discuter du coaching comme relation d’aide!) , à un dispositif d’aide qui passe par le corps.

Chef de projet sur de grands projets de logiciels « temps réel » embarqués (en particulier celui du système de mission de l’hélicoptère Tigre) , j’ai très vite été confronté aux aléas du fonctionnement d’une équipe. Ayant quasiment toujours tenu mes objectifs, j’ai eu à assumer la direction régionale des opérations et de la qualité. Membre du Comité de Direction Régional, j’étais responsable, jusque sur ma paye, ça motive !, de la rentabilité des projets. J’ai, donc, vécu de l’intérieur les grandeurs et les faiblesses du management alors que le marché, c’était les années 90, devenait erratique et turbulent. J’ai compris la nécessité d’un centre de gravité fort qui permet de regarder loin, de conserver un cap tout en absorbant les chocs violents. Il m’a fallu alors changer de paradigme et renoncer aux gesticulations de circonstance, parades nuptiales devant une direction générale complaisante, pour une autre forme d’intervention : celui de l’accompagnement des équipes et des chefs de projet.

Parallèlement, et depuis fort longtemps, suite à ces accidents de la vie qui sont si courants, j’avais commencé une tranche de psychanalyse. Comme le dit avec humour, Jean Oury, faire une petite dépression pour quelqu’un qui se destine à la relation d’aide, c’est, en quelque sorte faire ses travaux pratiques… à condition d’avoir été bien accompagné et d’en être sorti, bien sûr ! En tout cas, belle occasion de travailler son désir

Mais in fine, on n’apprend que par l’épreuve…

Mon histoire, c’est aussi celle de mes rencontres. D’abord avec les arts martiaux, l’aïkido à travers les figures de Noro Sensei, Tamura Sensei et quelques autres, puis après quelques expériences du divan (je continuerai à faire plusieurs tranches d’analyse d’ailleurs), la rencontre des Thérapies Analytiques et Corporelles avec le Dr Byramjee, psychiatre, psychanalyste et psychodramatiste, fut déterminante.

Pendant une quinzaine d’années (eh ! oui, on se dit, au départ, qu’en un an on aura fait le tour !), je me suis confronté aux groupes de thérapie, comme participant d’abord puis comme observateur (ce qui est particulièrement formateur) puis aux groupes de cadre inter entreprises, forme élaborée du coaching. Période passionnante, parfois terriblement difficile, mais d’une intensité rare qui mène toujours à l’essentiel et qui imprima définitivement chez moi le gout de l’exigence, l’aversion pour l’eau tiède et une idée profonde de ce que doit être la psychothérapie d’abord puis le coaching.

C’est dans le cadre d’un groupe appelé « aide à la relation d’aide » que j’ai confronté ma pratique de responsable des opérations au regard d’un groupe de psychologues et psychiatres, un peu désarçonnés au début, il faut bien le dire, par la nature des problèmes amenés ! L’expérience fut passionnante (pour les uns et les autres) , car pour la première fois, je l’ai longuement expérimenté plus tard avec Dominique, j’ai pu vivre l’impact de ma subjectivité (mais pas que) sur mon travail et, donc, ma performance.

J’en avais fait, pourtant, de ces formations au management, à la communication, formations qui n’engagent jamais l’essentiel et sont, donc, des cautères sur une jambe de bois.

« La spatialité et la temporalité de la présence ne sont pas de l’ordre de la représentation ; et, le rapport de communication n’a rien à voir avec les techniques de communication dont se prévaut notre époque, et qui sont utilisées comme des prothèses là où précisément la communication est en échec. Ce qui risque d’ailleurs de rendre permanent l’échec » Henry Maldiney

La France aime les reconnaissances académiques et c’est pourquoi (il y a bien d’autres raisons à commencer par mon addiction aux idées , les autres resteront intimes !) j’ai réintégré les bancs universitaires pour passer d’abord une maîtrise et un DEA de psychologie puis pour me confronter, et aller au bout du performatif, à une école de commerce, un MBA.

Les stages que j’ai été amené à faire, dans le cadre de mes études, à l’hôpital psychiatrique ont eu l’immense avantage de me tenir éveillé au sein d’un monde qui était largement celui du spectacle. Je reste aujourd’hui membre du comité d’éthique de l’hôpital psychiatrique de Montfavet (Avignon).

En tout cas, le fruit était mûr et après avoir expérimenté les groupes d’échanges de pratique entre coachs, j’ai décidé de tracer ma propre route en créant, à l’université Paul Cézanne,  le DESU « coaching et métier du changement » pour reprendre à neuf la formation des coachs. Je l’ai animé pendant 7 ans et ce fut une expérience particulièrement riche, intense…et terriblement formatrice.

Même si l’Aïkido reste une ligne directrice, j’ai pratiqué plusieurs disciplines (sérieusement voile, vol à voile et équitation … plus épisodiquement boxe thaïlandaise, karaté, iaï do). Chaque fois, j’ai expérimenté ce fait d’évidence que, seuls, un centre de gravité fort et la vision globale, permettent de prendre les bonnes décisions dans l’incertain et, donc, d’améliorer ses performances.

J’ai un rapport particulier à l’équitation et à l’art équestre. Sans doute parce que j’ai été formé par une élève de Nuno Oliveira. Elle m’a donné le gout de cette exigence, le gout du travail en profondeur ; sans lequel un cavalier ne saurait produire, avec son cheval, que des formes vides dont le seul objectif est de renforcer son ego (toute ressemblance avec…ne saurait être complétement fortuite!).

Nuno Oliveira l’écuyer du XXème siècle

Car l’enjeu de l’art équestre comme du management est d’amener le cheval à déployer tout son potentiel, toutes ses qualités dans une liberté qui conserve intact le plaisir (toute ressemblance…bis repetita placent !).

…et puis, « last but non least », j’ai le gout de l’écriture et de la poésie. Car un fine, c’est l’art, et en particulier le rythme dans l’art,  qui ouvre à d’autres monde: « ce que l’on ne peut dire [c’est à dire l’essentiel] , on peut le montrer » (Wittgenstein).

Le cheval comme l’art martial ou la calligraphie inscrit, ici dans l’espace, une histoire instantanée qu’il faut savoir lire dans toutes ses dimensions.

En tout cas voilà qui fondent et ma vocation de coach et mes pratiques de horse coaching.

Lucien Lemaire

…et pour la question de l’Aikido

https://lamoucheducoach.wordpress.com/2011/09/28/laikido-et-lexperience-originaire-de-letre/

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