๐๐ฎ-๐๐๐ฅ๐ฬ ๐๐๐ฌ ๐ฉ๐ข๐ฬ๐ ๐๐ฌ ๐๐ฎ ๐ฅ๐๐ง๐ ๐๐ ๐ : ๐๐ง๐ญ๐ซ๐ ๐ซ๐ข๐ ๐ข๐๐ข๐ญ๐ฬ ๐๐จ๐ ๐ฆ๐๐ญ๐ข๐ช๐ฎ๐ ๐๐ญ ๐ซ๐๐ฅ๐๐ญ๐ข๐ฏ๐ข๐ฌ๐ฆ๐ ๐๐๐ฌ๐จ๐ฅ๐ฎ
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Je partage avec vous une rรฉflexion sur les limites du langage, articulant les pensรฉes de Nฤgฤrjuna, Wittgenstein et Maurice Blanchot.
Notre rapport au langage oscille souvent entre deux positions รฉgalement rรฉductrices :
D’un cรดtรฉ, la vision du langage comme simple adรฉquation au monde, oรน chaque mot devrait correspondre exactement ร une rรฉalitรฉ objective. Cette rigiditรฉ, quoique rassurante, nous enferme dans des cadres conceptuels figรฉs qui รฉtouffent toute transcendance et crรฉativitรฉ. Le monde devient alors une prison de dรฉfinitions.
De l’autre, l’idรฉe que le langage n’est qu’un gรฉnรฉrateur de « vรฉritรฉs alternatives » arbitraires, oรน tout peut signifier n’importe quoi selon les contextes ou les intentions. Cette fluiditรฉ extrรชme, bien que libรฉratrice en apparence, dissout la possibilitรฉ mรชme de sens partagรฉ et nous plonge dans un relativisme vertigineux.
Et si la voie fรฉconde se trouvait ailleurs ? Si le langage, conscient de ses propres limites, pouvait justement « montrer ce qui ne peut รชtre dit » ? Si, comme le pensent Nฤgฤrjuna et Wittgenstein chacun ร leur maniรจre, c’รฉtait prรฉcisรฉment en poussant le langage jusqu’ร ses frontiรจres qu’on pouvait entrevoir ce qui le dรฉpasse ?
La question est dรฉsormais fondamentale: rendre au langage sa puissance de crรฉation, sa capacitรฉ de penser ou s’abimer dans le gouffre sans fond d’une langue asservie, Trumpisรฉe.