Blanchot, Wittgenstein, Nagarjuna : même combat!

𝐀𝐮-𝐝𝐞𝐥𝐚̀ 𝐝𝐞𝐬 𝐩𝐢𝐞̀𝐠𝐞𝐬 𝐝𝐮 𝐥𝐚𝐧𝐠𝐚𝐠𝐞 : 𝐞𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐫𝐢𝐠𝐢𝐝𝐢𝐭𝐞́ 𝐝𝐨𝐠𝐦𝐚𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐞𝐭 𝐫𝐞𝐥𝐚𝐭𝐢𝐯𝐢𝐬𝐦𝐞 𝐚𝐛𝐬𝐨𝐥𝐮
« 𝐍𝐨𝐮𝐬 𝐬𝐨𝐦𝐦𝐞𝐬 𝐝𝐞𝐯𝐞𝐧𝐮𝐬 𝐥𝐮𝐜𝐢𝐝𝐞𝐬. 𝐍𝐨𝐮𝐬 𝐚𝐯𝐨𝐧𝐬 𝐫𝐞𝐦𝐩𝐥𝐚𝐜𝐞́ 𝐥𝐞 𝐝𝐢𝐚𝐥𝐨𝐠𝐮𝐞 𝐩𝐚𝐫 𝐥𝐞 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐮𝐧𝐢𝐪𝐮𝐞́. « 𝐓𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐞𝐬𝐭 𝐥𝐚 𝐯𝐞́𝐫𝐢𝐭𝐞́, 𝐝𝐢𝐬𝐨𝐧𝐬-𝐧𝐨𝐮𝐬. 𝐕𝐨𝐮𝐬 𝐩𝐨𝐮𝐯𝐞𝐳 𝐭𝐨𝐮𝐣𝐨𝐮𝐫𝐬 𝐥𝐚 𝐝𝐢𝐬𝐜𝐮𝐭𝐞𝐫, 𝐜̧𝐚 𝐧𝐞 𝐧𝐨𝐮𝐬 𝐢𝐧𝐭𝐞́𝐫𝐞𝐬𝐬𝐞 𝐩𝐚𝐬. 𝐌𝐚𝐢𝐬 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐪𝐮𝐞𝐥𝐪𝐮𝐞𝐬 𝐚𝐧𝐧𝐞́𝐞𝐬, 𝐢𝐥 𝐲 𝐚𝐮𝐫𝐚 𝐥𝐚 𝐩𝐨𝐥𝐢𝐜𝐞, 𝐪𝐮𝐢 𝐯𝐨𝐮𝐬 𝐦𝐨𝐧𝐭𝐫𝐞𝐫𝐚 𝐪𝐮𝐞 𝐣’𝐚𝐢 𝐫𝐚𝐢𝐬𝐨𝐧. » ‘A.Camus La chute

Je partage avec vous une réflexion sur les limites du langage, articulant les pensées de Nāgārjuna, Wittgenstein et Maurice Blanchot.

Notre rapport au langage oscille souvent entre deux positions également réductrices :

D’un côté, la vision du langage comme simple adéquation au monde, où chaque mot devrait correspondre exactement à une réalité objective. Cette rigidité, quoique rassurante, nous enferme dans des cadres conceptuels figés qui étouffent toute transcendance et créativité. Le monde devient alors une prison de définitions.

De l’autre, l’idée que le langage n’est qu’un générateur de « vérités alternatives » arbitraires, où tout peut signifier n’importe quoi selon les contextes ou les intentions. Cette fluidité extrême, bien que libératrice en apparence, dissout la possibilité même de sens partagé et nous plonge dans un relativisme vertigineux.

Et si la voie féconde se trouvait ailleurs ? Si le langage, conscient de ses propres limites, pouvait justement « montrer ce qui ne peut être dit » ? Si, comme le pensent Nāgārjuna et Wittgenstein chacun à leur manière, c’était précisément en poussant le langage jusqu’à ses frontières qu’on pouvait entrevoir ce qui le dépasse ?

La question est désormais fondamentale: rendre au langage sa puissance de création, sa capacité de penser ou s’abimer dans le gouffre sans fond d’une langue asservie, Trumpisée.

Lucien Lemaire

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