L’agilité ou apprendre ce qui ne s’apprend pas

LES FAUX MONNAYEURS

“Presque tous les gens que j’ai connus sonnent faux . Valoir exactement ce qu’on paraît ; ne pas chercher à paraître plus qu’on ne vaut … On veut donner le change , et l’on s’occupe tant de paraître , qu’on finit par ne plus savoir qui l’on est “ (A.GIDE – Les faux monnayeurs)

Je suis en train de lire “les faux monnayeurs”. Je ne dis pas relire car je dois bien admettre que que je n’ai guère ou même pas lu Gide, en tout cas il ne m’en reste rien aujourd’hui.

On a beaucoup écrit sur ce texte étonnant dans lequel on a voulu voir la naissance du roman moderne. Un texte choral qui développe en même temps le point de vue de divers personnages qui se répondent, se croisent, se quittent, se retrouvent,  réflexion sur la fiction, sur la littérature, sur le roman en train de s’écrire dans le roman.

Mais ce qui me semble parcourir l’œuvre c’est la monnaie de singe dont on se paye pour ne pas avoir à assumer la vérité et la sienne d’abord.

Dans nos métiers de l’accompagnement, elle s’appelle bienveillance, bien être, parfois empathie dans une dévitalisation de ce beau mot.

“Dans un monde où chacun triche , c’est l’homme vrai qui fait figure de charlatan” (A.Gide).

 Une parole vraie qui engage ou qui dérange est d’emblée disqualifiée avant même d’être entendue au non d’un pacte de non agression narcissique qui n’est qu’un pacte de démission pour préserver les ego : “je te tiens, tu me tiens par la barbichette”

Comment peut on prétendre changer sans se remettre en question, sans accepter la règle du jeu fondamental de la “ parrhèsia [1]”. Qu’il y faille du tact[2] , que l’on ne puisse pas dire ce qui vous passe par la tête n’importe comment à n’importe quel moment, cela s’appelle l’éthique relationnelle, est une autre affaire.

  » la conquête de soi consiste en devenir autre et non pas revenir au même » nous rappelle Henri Maldiney et seule la crise ou la rencontre sont à même de nous arracher à notre monde pour un ouvrir un nouveau.

Cela n’est pas toujours confortable: il s’agit de donner du sens à une épreuve.

Ce peut être une rencontre avec quelqu’un, avec un livre, avec une œuvre  voire un paysage  ou une “situation”  mais un choc pathique qui fait que rien ne sera plus comme avant.

C’est  bien ces situations que nous souhaitons créer dans nos séminaires. Une situation où quelque chose peut trouver à s’éprouver. Et les médiations que nous utilisons, la musique, la voix, le corps, le cheval sont de merveilleux media de mises en situation inattendues.

Au fond ce que j’appelle le coaching éthique c’est “être fidèle à la vérité de l’événement” selon la très profonde définition donnée par A.Badiou.

..Et nous le sommes dans nos stages, présent à ce qui s’y passe pour aider à métaboliser l’épreuve…

NOTRE EQUIPE EST EXPERIMENTEE DANS TOUS LES DOMAINES MOBILISES Y COMPRIS LE MANAGEMENT DE GRANDS PROJETS OPERATIONNELS (voir la presentation de l’equipe dans le document ci-dessous)

[1] Pour Michel Foucault la parrhesia est le courage de la verité
[2] Tact : Qualité qui permet au cavalier d’être instantanément et en permanence dans les meilleurs termes avec tous les chevaux qu’il monte : agir là ou il faut, quand il le faut, avec le dosage nécessaire.

Lucien Lemaire

https://accompagnement-et-equicoaching.com

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