Eckhart contre Retailleau

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MaĂźtre Eckhart, dominicain du XIVe siĂšcle : croyant jusqu’au vertige, condamnĂ© par l’Église pour une foi trop brĂ»lante — au point de prier Dieu de le dĂ©livrer de Dieu.

Charles Maurras, six siĂšcles plus tard : incroyant, mais portĂ© par un mouvement qui aimait en lui l’usage politique de l’Église — l’ordre, la hiĂ©rarchie, la discipline romaine. Rome finit par le condamner en 1926, non pour excĂšs de foi, mais pour l’avoir instrumentalisĂ©e.

Tout est lĂ  : la foi qui dĂ©range l’ordre, et l’ordre qui se pare de la foi.

Aujourd’hui, de Bruno Retailleau au Puy du Fou, on brandit encore les « racines chrĂ©tiennes ». Retailleau le dit lui-mĂȘme : non comme affaire de foi, mais comme « constat » culturel, marqueur d’identitĂ© et d’ordre. La coquille sans le noyau — le geste de Maurras en costume neuf.

Le sermon d’Eckhart, « Heureux les pauvres en esprit », en est l’exact antidote : ne rien vouloir, ne rien savoir, ne rien avoir. Une foi qui n’assigne personne Ă  sa place et n’arme aucune frontiĂšre. Une religion qui ouvre l’abĂźme au lieu de le refermer.

Non Ă  l’instrumentalisation de la religion au service d’un ordre politique.

Integrlité du sermon ici: https://lnkd.in/d2Gk3qrB

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