Questionner les pratiques d'accompagnement dans toutes leurs dimensions: anthropologiques, philosophiques, épistémologiques, idéologiques…et humoristiques
Pour le philosophe japonais Keiji Nishitani, la poser, c’est déjà avoir perdu la religion.
Partout aujourd’hui, les religions reviennent comme des étendards : « racines chrétiennes » brandies pour tracer des frontières, nationalisme hindou, moines bouddhistes prêchant la haine en Birmanie… Elles ne transforment plus personne ; elles servent à dire qui est « nous » et qui est « eux ».
Dans mon nouvel article pour L’Entre Deux, je relis *Religion and Nothingness* (1961), l’œuvre majeure de Nishitani, figure de l’école de Kyōto, avec une question simple : qu’est-ce qui, dans une tradition, referme le moi sur une identité, et qu’est-ce qui l’ouvre ?
Trois fils conducteurs : – On ne sort du nihilisme qu’en le traversant jusqu’au bout, jusqu’à la vacuité (śūnyatā). – La kénose, ce Dieu qui « se vide de lui-même », est le point où christianisme et bouddhisme se rencontrent le plus profondément. – Avec François Jullien, la dé-coïncidence : les écarts entre traditions ne sont pas des frontières, mais des ouvertures vers un « entre ».
Le Christ et le Bouddha ne sont pas deux étendards pour croisades, mais deux chemins qui disent la même chose au plus profond de leur essence : se vider pour accueillir, aimer sans trier, mourir à soi.
Pour terminer Peut-être faut-il, aussi, en revenir à l’enseignement initial du Christ, qui plaçait l’accueil et la rencontre en son centre : « Accueille et prends sous ta protection quiconque est extérieur au cercle de tes connivences » ( Traduction littérale du « aime tes ennemis » par mon ami André SAUGE, 2024). Plus dé coïncidant que ça tu meurs!
Pour une introduction au bouddhisme (entre autres) , vous trouverez sur notre site https://l-entre-deux.org des cartes mentales interactives qui vous permettront d’en explorer les principes de base