Destruction de l’humain: Panser ou repenser le coaching?

Egon Schiele

Voilà une manière un peu abrupte voire brutale de poser la question, surtout de la part de quelqu’un qui pratique le coaching depuis 18 ans! Elle fait suite aux polémiques qui ont suivi les différentes interventions de Julia de Funes et bien avant celle, plus riche sinon plus douce, de Roland Gori.

Il se trouve que, en 2004, Roland Gori m’a mis le pied à l’étrier pour créer le DESU « Coaching et métiers du changement » à l’université Paul Cézanne. Sans doute concevait il alors une place spécifique pour une relation d’aide dans le milieu professionnel. C’était deux ans avant la parution de son ouvrage « l’empire des coachs ». J’en avais, à l’époque, reprouvé la forme et les attaques ad hominem mais pas les questions qu’il soulevait et qui restent ouvertes, sinon béantes, aujourd’hui. Ce qui s’est passé entre les deux, c’est le déploiement d’une forme de coaching que je vais essayer d’interroger dans ce texte.

Plus que ces prises de position, ce qui m’interpelle ce sont les réactions et commentaires des coachs qui se rabattent tous sur les référentiels de compétences et les processus revendiqués par les grandes associations professionnelles, sans se poser la question fondamentale d’avoir à les interroger pour voir si cela n’est pas justement là que se cache le problème. Circulez, il n’y a rien à voir, rien à comprendre: nous avons nos processus.

Le grand chef d’orchestre Sergiu Celibidache dit qu’après 1950 il n’y a plus de musique. Pourtant, sa palette est extrêmement large et il a joué la plupart de ses compositeurs contemporains: d’aucuns se souviennent de ses interprétations magistrales de Schoenberg.

Mais pour lui, après 1950, il s’est passé quelque chose de fondamental et de terrifiant: le procédé a pris le pas sur la musique. Autrement dit, le déploiement de l’approche technique, l’irruption de l’algorithmique, du calcul, viennent colmater l’essence de la musique qui doit rester, pour lui, « l’éclair de l’être » (H.Maldiney)

Évidemment ce n’est pas sans rapport avec ce qui se déploie dans la culture managériale mondialisée, c’est-à-dire le monde sans horizon de la calculabilité, du profit, de la marchandise…et de la gestion, de la gestion des choses, de la gestion des hommes comme des choses. Non pas que la gestion soit une mauvaise chose en soi quand elle reste dans le domaine du comptable, mais elle le devient quand elle vient recouvrir de sa pseudo scientificité ce qui fait le cœur de tout accompagnement: la relation entre deux êtres humains, la rencontre.

Ce qui est en jeu est, donc, très profondément, une conception de l’essence de l’homme: une ontologie.

Celibidache nous le dit à sa manière pour la musique:  »  la pensée dénature la musique, car  par nature elle divise, elle distingue. Ainsi la pensée est incapable de considérer une  oeuvre comme totalité, elle divise l’oeuvre en thèmes, développement… Si nous ne  sommes pas libres, nous jugeons ce que nous écoutons, nous projetons aussi des affects  sur l’oeuvre écoutée. »

Toute tentative d’instrumentaliser l’écoute à travers des dispositifs technologiques introduit des distorsions irrémédiables. Autrement dit ce qui pré existe avant toute approche rationnelle, c’est la disposition, la tonalité émotionnelle de la situation qu’il ne s’agit en aucun cas de gommer mais d’accueillir comme une information immédiate..

Il s’agit d’être libre de tout a priori, de toute grille de lecture, de tout processus formel…Les coachs ont une telle tendance à découper les managers en tranche: dans le sens horizontal, professionnel/personnel et dans le sens vertical avec tous les niveaux et autres pyramides. L’exemple le plus caricatural étant le découpage cerveau droit/cerveau gauche qui persiste alors même que les neurosciences l’ont largement battu en brèche certes, ça fait plus riche qu’intuitif/rationnel, opposition d’une affligeante banalité..

Je vais, donc, essayer de demasquer les présupposés du coaching « main stream ». qu’il soit bien clair que je ne doute pas que certains coachs travaillent réellement dans la relation et arrivent à s’abstraire des grilles chosifiantes qu’ils ont appris.

J’ai synthétisé dans le schémas ci-dessous les principales dimensions abordées par ce texte.

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Les trois dénis du coaching:

La conception du coaching, telle qu’elle est portée par les associations professionnelles, repose sur 3 dénis (il ya quelques rares exceptions) :

  • Un déni ontologique : quelle est l’essence de cette « personne » que l’on accompagne
  • Un déni psychologique: quelle compréhension des processus psychologiques est mobilisée.
  • Un déni idéologique: comment le coaching s’insère dans des schémas de pensée implicites considérés comme non questionnables.

Je vais commence par la fin à savoir le deni idéologique qui nous amènera à remonter à la source.

La dimension idéologique

Je m’appuierai dans ce paragraphe sur le travail d’Alain Leroux, professeur de philosophie de l’économie à l’université Paul Cézanne, membre éminent du Greqam, et que j’ai fait intervenir avec bonheur et plaisir dans le DESU coaching.

Qu’est-ce qu’une idéologie: « l’idéologie est un ensemble de croyances portant sur la compréhension (vrai/faux) et l’appréciation (bien/mal) de phénomènes sociaux complexes ». Elle est toujours pré compréhension et, en cela, elle est inévitable et présente une économie de pensée éventuellement utile pour peu qu’on l’interroge.

 Travailler avec le concept d’idéologie s’avère délicat tant on se trouve facilement empêtré dans le paradoxe de Mennheim qui pointe que l’on parle toujours idéologiquement des idéologies.

Comment, dès lors,  éviter de se retrouver engluer dans ce piège? comment distinguer un discours scientifique et philosophique d’un discours idéologique? pas d’autre solution que   de trouver des critères de discrimination entre les natures de discours

L’approche Marxienne (et non pas marxiste car le marxisme est la somme des contre sens fait sur Marx), approche génétique, définit l’idéologie par son origine comme justification non questionnée des rapports de production. Cette approche, même si elle n’est pas fausse en elle même, n’est d’aucune utilité pour sortir du paradoxe.

C’est que la situation est complexe. On sait qu’il existe des grandes classes idéologiques: le capitalisme, le socialisme…mais qui peuvent se raffiner en autant de sous-produits qui se rassemblent sur certains points et s’opposent sur d’autres. Comment dés lors s’y retrouver?

Je renvoie à Alain Leroux (1995) pour un développement étayé et plus systématique.

Il nous propose un premier critère général qu’il nomme « l’idée fixe ». Quand un penseur, à travers des travaux différents, portant sur des problèmes différents, arrive toujours à une même conclusion, alors il y a suspicion d’idéologie (A.Leroux analyse ainsi d’une manière très fine l’oeuvre de Hayek).

Mais ce n’est pas cela que nous retiendrons pour notre propos

D’une manière plus originaire, A. Leroux fait le constat que la diversité des idéologies, dans la complexité de leurs variations, s’appuie en fait sur deux, et deux seulement, conceptions opposées du rapport de l’homme à la société; au fond deux racines qui vont permettre de discriminer, identifier, classer les différentes variantes de la pensée idéologique.

La première:

  •  l’homme est libre et construit la société « celle-ci résulte de la volonté des hommes de vivre ensemble »
  • L’homme est perçu comme un individu dont le destin social ne dépend  que de sa propre capacité à se mobiliser, à agir: Leroux nomme cette classe d’idéologies « libéralisme de l’individu ». la forme la plus radicale en est le libertarisme.

La seconde:

  • Dans le paradigme contraire, l’homme est agi par la société et seule la collectivité (que je distingue du collectif) peut permettre d’avoir une action efficace sur elle. A.Leroux nomme cette classe d’idéologie « socialisme du camarade« . La lutte des classes en est la forme la plus représentative.

Dans ces conditions,  il est clair que la base idéologique du coaching est de la première forme et présuppose qu’un collaborateur doit développer ses propres ressources pour gérer les difficultés professionnelles qu’il rencontre. Les finalités de l’organisation, ses objectifs, ses valeurs, ses stratégies sont toujours partageables et toujours susceptibles de mobiliser les collaborateurs pour peu qu’on les aide à se les approprier. Les formes de solidarité collectives sont délégitimées…comme idéologiques.

La question maintenant est: peut-il exister un coaching qui ne soit pas pris dans ce paradigme.

A.Leroux lui-même nous propose un troisième type de prémisses que j’évoquerai plus loin et qui devrait permettre moyennant un réaménagement des fondements et valeurs du coaching d’ouvrir une porte vers une autre forme d’accompagnement qui fasse place à la conflictualité inhérente à la fonction de salarié..

Le déni ontologique:

In fine, l’approche rigoureuse de l’idéologie nous a renvoyés à deux conceptions de l’être de l’homme: l’homme libéral, l’homme socialiste.

Ces deux conceptions, pour éclairantes qu’elles soient pour penser l’idéologie, sont trop pauvres, insuffisamment originaires pour fonder, en son essence, la nature d’un être humain , nature susceptible de se déployer sainement (car étayé) en « ontologies régionales » (il s’agit chaque fois ici de clarifier l’objet qu’on étudie) : le collectif, la société, le travail…

Il est temps maintenant de nous tourner vers la phénoménologie heideggerienne qui, mieux que toute autre,  propose de cerner adéquatement les caractéristiques de ce qu’est un homme et susceptible  de nous ouvrir à une nouvelle compréhension du coaching.

Pour lui, ce qui caractérise en premier l’homme est qu’il est d’emblée concerné par la question de l’existence: il est pré ontologique.

Je ne vais pas faire un cours sur Heidegger, mais évoquer quelques traits de ce qui fonde l’humanité de l’homme et qu’il appellera le Dasein,  « Être le là », en français, c’est-à-dire , le centre et l’origine de la production du sens, de la manière d’investir le monde, de l’habiter en conscience

Je souhaite d’abord éclaircir le vocabulaire afin que la distinction entre vivre et exister soit claire sinon le risque de contre sens est grand.

Pour tout organisme vivant: les animaux, les plantes, les bactéries....vivre c’est s’adapter en permanence à son environnement grâce à des stratégies qui peuvent, d’ailleurs, être très élaborées. Exister, que les heideggeriens écrivent souvent ex-sister, c’est étymologiquement se tenir hors de soi: comme projet, comme possible.

Seul l’homme peut ex-sister.

Sur quelles dispositions spécifiques, quelles formes originaires de ses possibilités, que l’on appellera des existantiaux, l’essence de l’homme (le Dasein) va t-elle se déployer et s’instancier dans les formes fondamentales  particulières à chaque homme.

Qu’est-ce que l’Ëtre de l’homme, ce qui le caractérise en propre et le différentie de tout autre vivant : l’homme est d’abord pouvoir être: il est existence. Ce sont les modalités d’organisation et de déploiement de cette existence qui  vont constituer l’unité structurale des « moments » du Da-sein: les existentiaux.

L’homme est fondamentalement être au monde, ce qui se traduit par certaines dimensions qui concernent directement notre propos et qu’Heidegger regroupe sous le vocable de souci, mot qu’il faut entendre dans le sens de « se soucier de » et non pas se faire du souci.

Voici les principales:

  • L’existentialité:
    • Elle se traduit par l’exigence fondamentale de l’être humain: avoir à être
    • L’existence investit  le monde. Celui-ci n’est pas d’emblée donné comme espace euclidien au sein duquel lequel l’homme se trouverait  plongé, mais se construit comme réseau de sens. L’homme est « son » monde.
  • La facticité
    • l’homme, qui se sait d’emblée mortel, est jeté dans un monde qu’il n’a pas choisi et qu’il peut assumer dans une existence authentique ou rejeter dans la fuite vers la  quotidienneté.
    • La finitude: la mort est un fait avec lequel l’homme se trouve confronté.  La prise de conscience de la finitude, qui s’actualise sous forme de l’angoisse, comme l’avait déjà remarqué Kierkegaard,  le sollicite pour une existence plus authentique (c’est dire si l’angoisse authentique est un affect important que l’on ne peut scotomiser derrière une positivité absolue au risque de banaliser l’existence humaine).
  • La quotidienneté:
    • C’est l’état dans lequel l’homme se trouve naturellement avant que l’angoisse vienne le mobiliser vers une existence plus authentique.
    • Elle est un rapport au monde anesthésié, anonymisé (le on) et qui se traduit par le divertissement, la curiosité qui n’approfondit jamais rien, la fuite,  le zapping perpétuel
    • « être tenté par l’existence facile du on, exister dans la quiétude et l’aliénation de l’agitation; tout cela contribue à constituer le mouvement typique de l’être déchu. Ce mouvement précipite le Dasein dans l’existence impropre, inauthentique »  (Heidegger)

Mais dans cette mise en monde, dans ce réseau de signification qui fait monde,  il rencontre les autres: il est toujours » être avec ».

Parmi les manières d’être avec les autres, Heidegger introduit deux polarités de ce qu’il appelle la « sollicitude ».

  • La sollicitude devançante qui consiste à enlever à l’autre son souci: il existe plusieurs manières de lui enlever. D’abord se substituer à lui, mais aussi lui enlever la dimension existentielle pour le réintroduire comme « objet » (émotion, stress,…) à gérer.
  • La sollicitude authentique qui consiste à restituer à l’autre son souci sans en dénier la profonde dimension existentielle.

Pour en terminer avec cette esquisse de l’ontologie heideggerienne, il nous faut remarquer qu’à partir du moment où l’on définit l’être de l’homme comme existence, c’est à dire comme possible et comme projet,  on introduit la temporalité, cette temporalité qui est aussi une dimension des pratiques d’accompagnement.

Il n’échappera à personne que l’on décompose « naturellement » le temps ordinaire en trois phases: le passé, le présent, l’avenir.

Mais si l’on y songe sérieusement, les choses se compliquent. Saint Augustin faisait déjà remarquer que le passé est toujours dans le présent comme souvenir, mais aussi l’avenir comme anticipation.

 Dans la perspective d’une ontologie fondée sur  l’existence, Heidegger fait un pas de plus en remarquant que s’assumer comme possible pour un homme revient à vivre le présent en fonction de son projet en réinvestissant son passé comme expérience.

Comme toujours, il existe deux manières, authentique, inauthentique,  pour l’être humain de vivre les extases du temps:

  • Le passé:
    • Inauthentique, la rétention : l’être humain cherche à retenir et figer le passé (étymologie de main-tenant, d’ailleurs), en faire un passé mort  pour ne pas avoir à affronter la crise.
    • Authentique: le passé reste vivant comme expérience à réinvestir et à ré-élaborer pour nourrir le présent (la reprise chez Kierkegaard).
  • Le présent:
    • Inauthentique: la présentation-la curiosité insatiable qui se nourrit continuellement du présent sans le comprendre
    • Authentique, l’instant-ce qui rend présent, ce qui permet la rencontre incarnée de l’étant, ce qui enchante le monde, l’investit d’une intensité positive.
  • L’avenir:
    • Inauthentique: projection dans ce qui est accessible, convenable, nécessaire pour les affaires quotidiennes. Le Dasein comprend son être à partir des objets de sa préoccupation
    • authentique: l’homme incarne son destin dans le déploiement gratuit de sa propre réalisation. 

Voilà à traits grossiers une conception de l’homme particulièrement profonde. On voit se dessiner une silhouette à la fois tragique et grandiose pour l’homme en tout cas irréductible à toutes les consolations de la gestion qui ne font que l’éloigner de son pouvoir être en propre: le pansement, qui dissimule la plaie et la laisse suppurer,  n’allège jamais la souffrance, seul l’acte chirurgical, l’événement de se reconnaître en propre, la rencontre permet d’accéder à l’intensité de la vie et à des choix assumés et non subis.

Ainsi,ce que nous propose Heidegger est une manière d’exister radicalement nouvelle: non plus une présence physique qui relèverait du vivant, mais une ouverture inconditionnelle à une compréhension toujours à remettre sur le métier: le pouvoir être.

Autrement dit, l’homme  est pure possibilité. Le philosophe Henri Maldiney dira qu’il est trans possible, c’est à dire capable sous le défi de la violence de l’événement d’accéder à des possibilités irréductibles à tout ce qui existait avant.

On comprend dès lors que toute tentative de substantialisation, d’objectité, manque la réalité humaine au profit d’une projection sur un plan méthodologique qui la nie.

Depuis Descartes (sans doute quelques explications seraient nécessaires ici) la vérité est appréhendée comme certitude et seules  les  « méthodes » (celle que propose Descartes) sont à même de conduire à cette certitude.

Pourtant, des que l’on y regarde de plus près, cette fausse évidence disparaît: chaque méthode crée son objet et s’auto institue ainsi comme vérité non questionnée.

Pour reprendre dans un autre vocabulaire la question de l’homme comme possibilité, comme ouverture, comme disponibilité, je crois utile d’introduire ici deux notions développées par Henri Maldiney.

Il écrit : l’objet est la mort de la chose. La chose c’est ce qui m’appairait dans l’étonnement du toujours nouveau (la vérité de la chose c’est son surgissement, la vérité comme Aletheia disaient les grecs):   que je la fige dans une représentation et je la dévitalise définitivement. Redonner de la couleur et de la saveur au monde ce n’est pas le moindre sous produit du coaching!

 Il faut d’abord remarquer que primitivement ce qui apparaît c’est la capacité de l’homme a être radicalement affecté (trans passibilité)  et à répondre à cette affectation radicale en donnant du sens (trans possibilité).

Autrement dit l’homme est cet être qui peut accueillir l’impensable et le métaboliser pour lui donner un sens irréductible à toute cause antérieure.

 Répondre d’un événement, répondre d’une rencontre par une rupture existentielle vers une direction de sens irréductible à un déterminisme quelconque voilà l’essence de l’homme. Et c’est quand ces formes sont en difficulté que surgit la pathologie qui n’est pas maladie, mais simplement fléchissement des modes d’existence . Cela permet de repenser la schizophrénie par exemple.

Maintenant nous avons tous les éléments pour répondre à la question du titre. Dans la citation ci-dessous, Castoriadis dessine les formes d’existence de l’homo oeconomicus.

« « Un nouveau type anthropologique d’individu émerge, défini par l’avidité, la frustration, le conformisme généralisé (ce que, dans le domaine de la culture, on appelle pompeusement le post-modernisme). Tout cela est matérialisé dans des structures lourdes : la course folle et potentiellement létale d’une technoscience autonomisée, l’onanisme consommationniste, télévisuel et publicitaire, l’atomisation de la société, la rapide obsolescence technique et morale de tous les produits, des richesses qui, croissant sans cesse, fondent entre les doigts. Le capitalisme semble être enfin parvenu à fabriquer le type d’individu qui lui correspond : perpétuellement distrait, zappant d’une jouissance à l’autre, sans mémoire et sans projet, prêt à répondre à toutes les sollicitations d’une machine économique qui de plus en plus détruit la biosphère de la planète pour produire des illusions appelées marchandises. » (C.Castoriadis in Quelle démocratie ? Écrits politiques, tome II, éditions du Sandre, 2013)

Alors; oui, hormis les approches strictement Rogerienes ou qui s’appuient sur une position analytique, les grands paradigmes qui « fondent » les pratiques du coaching impliquent une destruction de l’humain (il faut entendre destruction au sens premier de déstructuration, déconstruction, démembrement, colmatage de l’essence même de l’homme..) pour le rabattre sur l’exigence du marché dont il est le pion consentant.

Pour plusieurs raisons :

  1. Les prémisses ontologiques des différentes pratiques sont délibérément ignorées au profit de modèles non fondés et particulièrement « pauvres en monde » : on retrouve l’homme comme système d’information (PNL), l’homme comme automate à état fini (AT, process com…)..Toutes formes qui réifient l’être humain pour en faire un « objet » à gerer (ou s’autogérer selon les injonctions managériales, c’est la même chose ici)
  2. Les « méthodes » d’accompagnement définissent des processus (objectifs, stratégie…) qui occultent la possibilisation essentielle de l’existence humaine. Le simple fait de se donner des objectifs, c’est à dire de partir d’un point A pour arriver à un point B, en général l’adaptation à une situation selon les volontés du management, disqualifie d’emblée la possibilité d’un accompagnement authentiquement révélateur des possibilités humaines.
  3. La temporalité mobilisée est toujours la temporalité inauthentique que ce soit pour le passé dont l’occultation est d’ailleurs revendiquée, que pour l’avenir, qui est un avenir possible avec un petit p, celui que nous propose la logique gestionnaire, le présent comme maintenant-main-tenant – qui assoit une rationalité sans aventure. On n peut donner comme exemple le modèle avantages-inconvénients qui rationalise et dévitalise tout ce qu’il y a de vivant dans un projet.
  4. La positivité inconditionnelle vient colmater le rôle fondamental de l’angoisse (dont il est bon de rappeler qu’elle est sans objet) et de la négativité dans l’interpellation d’un homme en son être propre

Pour poser la question du point de vue de la pratique:  va-t-on, dès lors, choisir d’aider nos clients à colmater les brèches, à réduire les possibles à ce qui « se fait », à chercher les ressources dans ce qu’on a déjà fait rendant impossible le surgissement du radicalement nouveau (trans possible) ; autrement dit, substituer un possible (avec un petit p) à un Possible (avec un grand P) ou va-t-on, au risque de l’angoisse, les aider à se tenir dans le vertige de l’Ouvert ?

« C’est dans le vide, dans la faille du Rien, que chacun court le risque de soi-même, S’advenir ou s’anéantir. Mais là ou tout est joué, où plus rien n’est à être, du vide ne peut sortir que le même avec sa menace sans hasard, le même d’une présence sans dépassement, prise dans l’étreinte d’elle-même. Aussi s’agit-il avant tout de le colmater » (H.Maldiney).

Les dénis psychologiques :

Je ne m’attarderai pas sur cette dimension et j’y reviendrais sans doute plus tard. Nous avons débusqué les fondements implicites, les impensés des pratiques les plus répandues du coaching; nous avons montré l’esquisse d’une ontologie à la hauteur des enjeux humains.

 Maintenant cette ontologie doit trouver à prendre corps. Elle s’instancie pour chaque homme d’une manière particulière , et la psychologie est l’une des manières, partielle, de rendre compte de la vie concrète des individus. Penser la vie des  groupes, des sociétés  relèvent aussi de formes anthropologiques se déployant dans leurs théories propres. Il s’agit de passer, en terme heideggerien, de la dimension ontologique (les conditions de possibilité) à la dimension ontique qui en est l’instanciation dans la vie concrète.

La dimension psychologique fait partie de cette dimension ontique.

Je n’analyserai pas ici  ce déni psychologique dans le détail, mais il suffit de remarquer la méconnaissance essentielle des processus psychiques élémentaires (mécanismes de défenses par exemple qui sont ou bien ignorés ou font l’objet de contre sens) au profit de pyramides, de niveaux, de catégorisations arbitraires  jamais fondés épistémologiquement. Cela est vrai pour la psychologie individuelle; c’est encore plus vrai pour les groupes.

La question de l’incarnation :

J’ai déjà eu l’occasion d’aborder cette question cruciale qui renvoie au problème corps esprit. Voilà qu’il nous faut aussi l’élucider pour éviter les délires sur le non verbal ou sur ce corps qui dirait une vérité que savent décoder les « specialistes »,   nos coachs profilers.

Heidegger évoque rarement la question de la corporéité qui pour lui est implicite dans toute son oeuvre: être au monde c’est être incarné.

En ce qui me concerne, je l’ai déjà largement évoqué à partir de la pensée de Marcel Jousse, ce grand précurseur méconnu (voir notre article) ,  mais j’y reviens rapidement à partir du travail incontournable de Francisco Varela en biologie.

Je tiens à apporter une précision épistémologique. Le champ de la science est celui de l’objectité. Les théories scientifiques évoluent par accumulation/adaptation dans un premier temps, puis par crise pour aboutir à un changement de paradigme (Thomas Kuhn). Chaque changement fondamental est « catastrophique’ au sens de René Thom.

A contrario le champ de la spiritualité est celui l’ouverture inconditionnelle à ce qui justement ne saurait faire signe. Le champ de la spiritualité . et le champ de la science sont des champs disjoints, non connexes.

Par rigueur épistémologique, et le matérialisme spirituel pointant son nez dans le monde de l’accompagnement,  il est douteux de fonder une spiritualité sur la science d’autant que cette dernière est, par construction et par essence, susceptible d’être remise en question.

Henri Atlan (l’auto organisation), qui travaille aussi sur la Thora ou Simone Weil, militante révolutionnaire et mystique,  tiennent à bien séparer les variables: le monde de la nécessité, celui de la science, la spiritualité, le monde du mystère et de l’insigne

Francisco Varela dont je vais évoquer le travail remet les pendules à l’heure: c’est son travail philosophique en phénoménologie, son engagement dans le Bouddhisme Tibetain, sa pratique de la méditation qui nourrit son travail scientifique…et pas l’inverse!

Il   a développé (Varela, 1989) avec rigueur une approche des systèmes autonomes.

Pour lui , un système autonome (à rapprocher du concept d’autonomie chez Castoriadis) est un système opérationnellement clos, c’est à dire que : «  ….son organisation est caractérisée par des processus :

  1. dépendant récursivement les uns des autres pour la génération et la réalisation des processus eux même et,
  2. constituant le système comme une unité reconnaissable dans l’espace (le domaine) où les processus existent. »

Il ajoute :

« lors de la description de la clôture opérationnelle, rien n’empêche l’observateur de faire lui même partie du processus spécifiant le système, non seulement par sa description du système, mais encore comme étant l’un des noeuds du réseau de processus qui définit le système. »

De plus, autopoietique et autonome, le vivant construit son monde par enaction, émergence qui bat en brèche toute forme de manipulation de représentations. Dans ce paradigme, la cognition émerge des stabilités repérées dans l’histoire de  la mobilisation de schèmes sensori-moteurs effectués par un organisme, de plus, doué d’une histoire, dans l’inter action avec son environnement. La connaissance est mémoire des gestes disait Marcel Jousse.

Je vais reprendre les trois questions de Varela qui introduisent la théorie de l’enaction:

« Qu’est-ce que la cognition? L’enaction: une histoire du couplage structurel qui fait émerger un monde

Comment fonctionne-t-elle? Au moyen d’un réseau consistant en niveaux multiples de sous réseaux sensori-moteurs interconnectés

Comment puis je savoir si un système cognitif est adéquat? Quand il devient partie intégrante d’un monde existant durable ou quand il façonne un monde nouveau « 

La connaissance, c’est à dire l’émergence d’un monde au sens heideggerien est, donc, toujours incarnée (on ne peut pas faire sans le corps!) et dépend de l’histoire des interactions de l’organisme vivant avec son milieu

Il est fascinant que le travail d’un biologiste, qui évolue dans sa propre ontologie régionale  de l’objectité, converge avec la grande notion heideggerienne d’être au monde et avec celles  de marcel Jousse sur l’importance du « geste » dans la connaissance (au sens large ici).

Pour Francisco Varela, l’intelligence ne consiste pas en la capacité de résoudre des problèmes mais dans la capacité à partager un monde commun. C’est aune autre manière de parler de la communication qui ne saurait se résoudre à l’approche cybernéticienne du cycle émetteur-message-récepteur -feed back.

Poser le problème du corps toujours déjà là, de l’incarnation radicale, implique d’avoir à repenser le langage et sa place dans le coaching. L’approche des philosophes du langage ordinaire (Wittgenstein, Stanley Cavell, Austin) qui se décrochent du langage comme signe (représentation) pour s’attacher à l’usage contextualisé, identifient des formes de vie et leurs jeux de langage associés. .Le langage est toujours langage en situation dans un contexte particulier: il est incarné. Un coaching conséquent ne peut, donc, pas faire l’économie de cette compréhension . Il est toujours pris, consciemment ou inconsciemment dans l’engagement de l’être total.

And so what?

Nous avons donc montré que les pratiques de coaching telles qu’elles sont encadrées par les associations professionnelles, restent prises à la fois dans une  idéologie,  par définition, non questionnée,  et à la fois dans  la méconnaissance   des ressorts ontologiques et anthropologiques non exprimés sur lesquelles elles s’appuient implicitement.

Le problème est un problème éthique.

Trois questions se posent:

  • doit-on renoncer au coaching (pour ceux qui se posent la question de à quoi ils participent).?
  • Doit-on continuer comme maintenant avec d’éventuels aménagements à la marge (panser le coaching)?
  • Doit-on repenser complètement le coaching en redéfinissant ses champs de pertinence.

La première question, pour douloureuse qu’elle soit, n’est pas absurde, en tout cas, si le niveau idéologique, le niveau épistémologique, les différents niveaux d’insertion du collaborateur dans son contexte ne sont définitivement pas pris en compte. .  Autrement dit,  si l’on a la conviction que toute forme de coaching n’est et ne peut être que l’adaptation de l’individu à un système sur lequel il n’a aucune prise, alors la question se pose.

La seconde est à éliminer d’emblée, car ce sont les fondements même des pratiques qui sont à revoir. Mettre un pansement ne ferait que laisser suppurer la plaie et masquer l’infection. L’un des symptômes de l’infection est la multiplication des approches magiques, des « outils sans légendes » (René Char), des méthodes auto-portées.

La troisième présuppose qu’il existe une place dans le monde professionnel pour un travail d’accompagnement qui ne repose pas sur les dénis mortifères que j’ai identifiés.

En ce qui me concerne, j’ai la conviction qu’il existe une  opportunité et  un espace pour cette troisième voie. Quand je dis qu’il existe un espace, je ne parle pas d’une place théorique, abstraite, mais d’une prise de conscience d’un nombre suffisant de coachs prêts à réévaluer leurs pratiques…et que l’urgence d’un monde en pleine détresse,  malgré les surenchères lénifiantes, puisse amener les entreprises à en accepter la part aventurière.

Ce qui me rend optimiste est qu’il existe, ici ou là, des approches assez lucides  pour  prendre en compte, d’une manière partielle et contextualisée certes, les différents niveaux d’aliénation. Je pense à la clinique de l’activité, par exemple,  ou à la psychosociologie analytique d’Eugen Enriquez.

Que ces approches n’apparaissent jamais dans le scope des modèles de coaching ne provient pas seulement d’une forme d’inculture, certes relativement courante voire revendiquée chez quelques coachs,  mais doit beaucoup à l’idéologie du « libéralisme de l’individu »  , pour reprendre l’éclairante  formulation d’Alain Leroux, qui rend la profession captive de ses présupposés implicites.

Alors pour terminer ce texte,  il est temps de revenir à la troisième voie  possible pour une idéologie qui ne rende pas captive et qui pourrait servir à fonder un coaching ouvert .

Cette idéologie qu’Alain Leroux  appelle de ses voeux,  qu’il nomme idéologie de la « personne »,  est un paradigme dans lequel la société et l’homme, sous contraintes mutuelles, s’auto déterminent réciproquement.

L’homme ne vit pas en état d’apesanteur social. Il est toujours « être avec ». Il se dresse toujours sur un fond que délimite un entre (que les japonais appellent Aida) : le groupe, le collectif qu’il faut penser comme tel.

Le propre d’une société, d’un collectif est de se donner des règles pour la vie commune.  Ces règles sont la plupart du temps imposées par le haut dans un processus hétéronome où les citoyens, au bout du compte, n’ont guère leur mot à dire sauf éventuellement à être consulté « pour la forme ».

Les sociétés, même hétéronomes, évoluent par saut, par changement de paradigme qui réévaluent toutes les valeurs, les réseaux de sens, qui fondent le vivre ensemble. Même si l’histoire travaille en arrière-plan, le  ressort du saut qualitatif est, pour Cornelius Castoriadis, l’imaginaire radical, aussi bien au niveau individuel que social d’ailleurs.

L’idéal démocratique tel que les Grecs l’ont expérimenté au 4e siècle av. J.-C., repose sur l’autonomie des citoyens qui créent, actualisent, font vivre leurs propres règles du jeu grâce à des institutions qui jamais ne se figent dans la rigidité de l’institué.

La mobilisation et l’engagement de tous sont naturels puisque chacun est acteur et décisionnaire des finalités, objectifs, enjeux, stratégies qui le concernent.

Ce type d’institution existe. Je pense à la clinique de La Borde où les rôles et fonction (sauf ceux de médecin, pour les prescriptions de médicaments. Et de comptable) sont réévalués périodiquement. Je pense aussi à l’entreprise incluante développée par ATD et dont les décisions importantes, y compris stratégiques,  sont toujours prises avec les collaborateurs.

Alors quelles seraient les caractéristiques d’un coaching de l’ouvert ou coaching démocratique

  • Le coaching est rencontre
  • D’emblée, il ouvre un espace de pur accueil :  »  Nous faisons en quelque sorte l’expérience de la vérité, le monde nous paraît  être tel qu’il apparaît, nous laissons les choses advenir telles qu’elles sont. » (Cedibilache).
  • Se pose en toute transparence la question des finalités plutôt que des objectifs, de la construction collective des règles du jeu, la question  de la place des dispositifs de solidarité…
  • Il prend du recul sur les limites et implications de ses méthodes et autres processus pour privilégier la disponibilité
  • Il sait renoncer à ses outils, pour développer une écoute profonde
  • Il met en place les conditions de l’émergence du radicalement nouveau (le trans possible de Maldiney ou l’imaginaire radical de Castoriadis)
  • Il accepte les affects tels qu’ils se présentent sans chercher forcément à les réduire et les laisse se déployer
  • il a acquis assez de maturité pour contenir les affects du coaché et l’aider à les métaboliser (fonction d’étayage)
  • Il travaille à la fois sur la « reprise » (Kierkegaard) du passé pour éviter la prise en masse dans une répétition mortifère, le présent dans ce qui s’actualise ici et maintenant, dans l’ouverture fondamentale acceptée par le coach, sur l’avenir en se  dégageant des déterminismes pour accepter le trans possible.

« L’événement par excellence est la rencontre. Il n’y a de rencontre que de l’altérité. L’altérité est imprévisible. L’événement n’est pas dans le monde. Il ouvre le monde » Henri Maldiney

Il est bien évident que la formation des coachs est fondamentale et doit être révisée selon trois axes:

  • L’apprentissage par l’épreuve: la compréhension n’est pas explication mais introjection.
  • L’élaboration de l’expérience par la mise en oeuvre critique des théories qui peuvent en rendre compte
  • Une culture large et importante sur toutes les dimensions humaines

Un tel coach doit avoir une capacité de contenance importante qui ne s’apprend pas, mais se travaille dans une formation qui privilégie l’épreuve au décodage.

Qui mieux que Tchouang tseu peut en éclairer le mystère:

« Ce que j’appelle apprendre, c’est apprendre ce qui ne s’apprend pas. Ce que j’appelle agir, c’est accomplir ce qu’on ne peut accomplir (volontairement), ce que j’appelle discerner, c’est discerner ce que l’on ne peut discerner (intentionnellement)… »

Lorsque j’ai créé le DESU coaching en 2004, le cœur de la pédagogie était la dynamique du groupe avec la compréhension des affects profonds qui étaient mobilisés par l’effet de groupe.

Car il s’agit avant tout d’entendre…

« Ne parlons plus de demande, mais d’appel. La demande s’adresse à un répondant constitué, mais l’appel éclate dans un espace qu’il ouvre en abime et que ce serait fermer que d’y loger une réponse qui n’aurait pas été, elle-même mise en question dans son propre vide »

H.Maldiney

Lucien Lemaire

ANNEXE: quelle culture pour un coach?

Je propose le schéma ci-dessous afin de mettre en évidence les savoirs à travailler pour comprendre les articulations dans une prestation de coaching. On voit se dessiner une colonne vertébrale avec sa cohérence propre.

Vous pouvez cliquer sur l’image pour l’agrandir

Bibliographie

  • Avron, O. (2012). La pensée scénique. ERES.
  • Castoriadis, (1975) L’Institution imaginaire de la société – Seuil
  • Heidegger, (1985) Etre et temps; trad Martineau non publié
  • Leroux A, (1995), Retour à l’idéologie pour un humanisme de la personne, PUF
  • Leroux, (1999) Une société à vivre – Refonder le personnalisme, PUF,
  • Maldiney, H. (1973). Regard, Parole, Espace. Lausanne: L’Age d’homme.
  • Maldiney, H. (1993). Penser l’homme et sa folie. Jérôme Millon.
  • Varela F,   (1989),   Autonomie et connaissance, Le seuil, Paris
  • Varela F, T.Homson E, E Rosche, (1993), L’inscription corporelle de l’esprit, Le seuil, Paris
  • Varela F (nouv ed 1996) invitation aux sciences cognitives, Seuil

2 réflexions sur “Destruction de l’humain: Panser ou repenser le coaching?

  1. Valérie Fajwlowicz

    Bonjour M. Lemaire,

    Merci pour vos éclairages. Chacun de vos articles me fait mesurer (s’il en était besoin) le chemin à parcourir encore, et cela me réjouit. Je poursuis mon parcours professionnel : infirmière en psychiatrie, informaticienne quelque temps, consultante auprès de clients sur les transformations de leur métier, et je termine bientôt une formation de coaching. De l’accompagnement donc, toujours, sous diverses formes.
    Je partage vos interrogations et vos prises de position, en toute modestie.
    Je tenais à vous le témoigner, ailleurs que sur LinkedIn (je ne suis pas « Premium », et je n’ai pas réussi à vous adresser un message privé).
    Bien à vous,
    Valérie Fajwlowicz

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    1. lucienlemaire

      Merci pour votre commentaire. Je vous laisse mon email si vous avez envie d’échanger…moi aussi j’ai eu un parcours d’ingénieur en informatique dans les systèmes temps réels embarqués. Depuis mon passage au département de mathématiques l’université de Vincennes, je me suis paradoxalement aussi intéressé à la psychiatrie (nous avions des possibilités interdisciplinaires passionnantes) J’ai fréquenté depuis quelques psychiatres qu’ils aient exercé en institution ou comme psychothérapeute et qui ont développé les « thérapies analytiques et corporelles ».. Je suis d’ailleurs actuellement membre du comité d’éthique le l’hôpital psychiatrique d’Avignon Montfavet..dans ma carrière d’ingénieur; il m’est arrivé de me sentir écartelé..mai ça m’a aussi aidé dans mes fonctions de management.

      lemaire.lucien@gmail.com

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