« 𝐐𝐮’𝐞𝐬𝐭-𝐜𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐣𝐞 𝐟𝐨𝐮𝐬 𝐥𝐚̀ ? » –

Cette question « naïve » du psychiatre Jean Oury devrait résonner dans toutes nos institutions
Que vous dirigiez une équipe, travailliez dans une administration, une entreprise ou une association, cette question est mobilisatrice et permet de réinventer les processus d’institutionnalisation

Pourquoi cette question dérange-t-elle autant ?
Parce qu’elle force chacun à confronter ses vraies motivations, au-delà des discours convenus. Elle traverse trois niveaux :

🔸 Individuel → « Qu’est-ce qui m’anime vraiment ? »
🔸 Collectif → « Comment construisons-nous ensemble du sens ? »
🔸 Institutionnel → « Notre organisation sert-elle vraiment ses missions ? »

Le piège de l' »algebrose »
Toute organisation dans un systéme idéologique non questionné tend à la calcification.

Dans ces conditions L’enjeu clé est de maintenir la tension créatrice entre :
– Les fonctions (ce qui nous anime, notre créativité, nos initiatives)
– Les rôles (ce que prescrit la fiche de poste)

La question est à la fois profondément politique et éthique:

Paul Ricoeur montre comment cette question actualise la visée éthique qu’il définit comme:

– 𝐂𝐞 𝐪𝐮𝐢 𝐞𝐬𝐭 𝐛𝐨𝐧 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐬𝐨𝐢
– 𝐞𝐭 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐚𝐮𝐭𝐫𝐞𝐬: 𝐥𝐞𝐬 𝐜𝐨𝐧𝐝𝐢𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐝’𝐮𝐧𝐞 𝐯𝐫𝐚𝐢𝐞 𝐜𝐨𝐨𝐩𝐞́𝐫𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧
– 𝐃𝐚𝐧𝐬 𝐮𝐧𝐞 𝐢𝐧𝐬𝐭𝐢𝐭𝐮𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐣𝐮𝐬𝐭𝐞 : 𝐪𝐮𝐢 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐢𝐛𝐮𝐞 𝐚𝐮 𝐝𝐞́𝐯𝐞𝐥𝐨𝐩𝐩𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐞 𝐥’𝐚𝐮𝐭𝐨𝐧𝐨𝐦𝐢𝐞 𝐞𝐭 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐫𝐞𝐬𝐩𝐨𝐧𝐬𝐚𝐛𝐢𝐥𝐢𝐬𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞 𝐭𝐨𝐮𝐬

Cette question « qu’est-ce que je fous là ? » n’est pas un luxe philosophique. C’est un outil concret de transformation organisationnelle.

La psychiatrie institutionnelle est à la fois le moteur et le laboratoire de cet tension vers la démocratie véritable.

Lucien Lemaire

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